)))  THE ZODIAC
        
   de Alexander BULKLEY                    

 

  • Thriller - 2005 - États-Unis - durée: 1h30
  • Sortie à la Vente en DVD le 7 Juin 2007
    Editions Opening
  • Prix de vente indicatif : 20€

SYNOPSIS

Décembre 1968. Deux adolescents sont retrouvés sauvagement assassinés. L'enquête, confiée à l'officier de police Matt Parish, ne fait que commencer : en effet, ces crimes seront les premiers d'une longue série, et pendant près de dix ans, la Californie va être plongée dans l'horreur. Soupçonné d'avoir commis entre 37 et 200 meurtres, le tueur reste insaisissable, laissant de mystérieux indices aux enquêteurs...

 
POINT DE VUE
Désolé, mais impossible…
Impossible de ne pas faire la comparaison avec le Zodiac de Fincher, si vous êtes de ceux qui ont goûtés au 2h36 du film du grand David. Et pourtant, même si ces deux films traitent de la même histoire vraie - celle du célèbre serial «Zodiac» Killer - ils ne jouent pas du tout dans la même catégorie. Le premier est un grand film de Studio, la Warner, le second, un petit film indépendant produit par la Shadow Machine Films. Le premier est un film attendu tel le messie par une horde de fans, désireux de retrouver un grand David Fincher, qui nous avait laissé un goût amer en 2002 avec son très moyen Panic Room. Le second, un film de l’inconnu Alexander Bulkley, sortie dans le quasi anonymat, pourtant deux ans plus tôt en 2005.

Bien au chaud dans les cartons depuis ces deux dernières années, le film de Bulkley, connaît alors une résurrection grâce à l’éditeur Opening Editions qui espère bien profiter du succès du «Fincher Zodiac». Un renouveau du serial killer en forme de direct-to-video.

L’histoire, tout le monde la connaît (ou presque). Tout commence (enfin, pour la police), le 20 décembre 1968 lorsque deux adolescents sont retrouvés sauvagement assassinés dans une voiture aux abords d’un petite ville tranquille de Californie, Vellejo. Un crime sordide et sans motif apparent. La police de Vellejo va être très vite dépassée dans cette histoire, tout comme la police de San Francisco. C’est alors le début de ce qui sera une longue liste de meurtres (entre 37 et 200 ?) commis par le célèbre tueur du Zodiaque, de 1966 à 1978.

Après un petit générique en cinémascope à la mode, genre "Je mets des images d’archives d’époque avec une zic’ bien flippante", le film d’Alexander Bulkley s’ouvre sur la séquence du premier meurtre. La nuit, une voiture à l’arrêt, le long d’une petite route avec à l’intérieur un couple d’ados qui s’apprête à jouer à touche pipi… Quelques minutes plus tard, une seconde voiture transperce l’obscurité angoissante pour venir se garer juste derrière eux. On comprend d’emblée que l’ambiance romantique du rendez-vous va être quelque peu gâchée. Le film de Fincher s’ouvre exactement sur la même scène et c’est bien ça le problème. Le film de Bulkley va souffrir de cette comparaison et ce dès la première scène. Fincher en bon maître de l’angoisse va distiller la pression pendant de longues minutes alors que le gentil Bulkley va nous expédier tout ça en quelques secondes. Première erreur car même si le spectateur imagine sans trop d’effort l’issue fatale du jeune couple, l’intérêt de ce genre de scène est justement de jouer avec cette attente et par la même, avec les nerfs du spectateur. Dans la version de Fincher, la voiture du tueur s’arrête derrière les futures victimes puis repart, rode quelques instant, puis revient… Elle est l’instrument nerveux de la mise en scène de Fincher qui joue au sale gosse avec le pauvre spectateur, cramponné à son siège. Dans la version de Bulkley, après quelques secondes de dialogue entre les deux jeunes, la voiture déboule et les deux ados vont être rectifiés en moins de dix plans.

Deuxième grosse erreur avec cette scène d’ouverture et qui va se prolonger tout au long du film, l’approche artistique du film. L’action est censée se dérouler en 1968, or avec le film de Bulkley, on a plutôt l’impression d’être devant un mauvais épisode d’X-Files plutôt que devant un vrai thriller recréant les sixteens. Pas de chemise à col long, pas de lunette à monture noire, pas même l’ombre d’une petite rouflaquette. Le souci du détail est primordial surtout lorsque l’on fait face à un grand malade de la précision tel que David Fincher. Ce problème est encore plus accentué par le personnage principal du film, l'officier de police Matt Parish, interprété par l’inconsistant Justin Chambers qui à simplement troqué sa blouse blanche de Grey’s Anatomy pour un costume noir à la FBI. Cheveux rasés, allure juvénile et essayant en vain de crapoter cigarette sur cigarette, le personnage de flic tourmenté par son enquête, délaissant femme et enfant, tombe complètement à plat. L’interprétation de Justin Chambers paraît totalement insipide. «Paraît», car le principal coupable de cette ambiance soporifique, reste le réalisateur, Alexander Bulkley qui malgré de bonnes intentions de départ, n’arrive pas à insuffler à son film toute la tension et le désespoir de ces personnages face au redoutable Zodiac.

1h34 de film, avec seulement quatre meurtres du Zodiac représentés et trois quart de film où l’on voit l’officier de police chargé de l’affaire Matt Parish, essayant en vain de sauver son couple face à cette affaire qui le vampirise jour et nuit. Du coup, le film se passe entre 1968 et 1969 avec pour fin, un panneau qui nous explique que le tueur du Zodiac continua à harceler police et médias pendant plus de dix. On ne peut pas non plus reprocher à Bulkley de s’être recentrer sur une partie de l’affaire, tellement celle-ci est complexe. Le fait de s’intéresser à la vie privée du policier aurait également pu être une bonne idée. Le problème dans tout ça, c’est qu’il n’y a finalement aucune confrontation entre le policier et le tueur. Que l’on ne comprend pas la complexité de l’affaire et que les personnages qui ont joués un rôle déterminant dans cette enquête fleuve en sont exclus. Justin Chambers n’a malheureusement pas les épaules assez solides pour tenir tout le film et la psychologie du Zodiac n’est que passablement survolée. Le drame familial n’est qu’une étoile dans la constellation du Zodiac et laisse le spectateur sur sa faim.

David Fincher a parfaitement compris les connexions de cette histoire et c’est pour cela que son Zodiac est si bon. Une substance dense, désossée de tous effets visuels, où seuls les protagonistes enchevêtrés dans cette histoire vont être soigneusement décortiqués... Nous les voyons brisés, hantés, fatigués par ce tueur insaisissable qui veut simplement être la vedette de son propre film, vœu exhaussé en 1971 avec la sortie de Dirty Harry (L’inspecteur Harry) de Don Siegel avec Clint Eastowd, qui s’inspire des faits en cours…

Et quand vous avez la chance d’avoir des acteurs comme Robert Downey Jr, Jake Gyllenhaal, Brian Cox ou encore Chloë Sevigny et que vos tics de mise en scène passent après l’intrigue du film, alors vous faites forcément un très grand film.
Une double déception donc pour ce The Zodiac, autant sur le fond que sur la forme.

Julien Bourières

 

   
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    Interdit aux moins de 12 ans

    Réalisateur
    : Alexander Bulkley
    Scénario: Kelley Bulkeley, Alexander Bulkley
    Production : Corey Campodonico
    Producteur exécutif : Jeanine Rohn
    Musique: Michael Suby
    Images : Denis Maloney
    Montage : Greg Tillman
    Décors : Laurie Scott
    Directeur artistique : Jack G. Taylor Jr.
    Costumes : Stephanie Portnoy
    1er assistant réalisateur : John O'Rourke
    2nd assistant réalisateur : Kevin McNamara

    Avec:
    Justin Chambers : Matt Parish
    Robin Tunney : Laura Parish
    Rory Culkin : Johnny Parish
    William Mapother : Dale Coverling
    Philip Baker Hall : Chef Frank Perkins
    Rex Linn : Jim Martinez
    Marty Lindsey : le tueur du Zodiac
    Shelby Alexis Irey : Bobbie
    Natassia Costa : Mary
    Kris Palm : Michael
    Nate Dushku : Scott Washington
    Katelin Chesna : Patsy
    Kathryn Howell : Madame Boucher

  •  LE DVD

    DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleurs - tous publics

    Durée du film: 90'
    Image & Son :
    Ecran: 16/9 compatible 4/3
    Format : 1:77
    Son:
    Dolby Digital 5.1 et Stéréo Anglais, Français
    Sous-titres:
    Français

    Menus: Français
 

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