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CINÉMA CINÉMAS /
4DVD
d’Anne
Andreu, Michel Boujut et Claude Ventura |
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- Une
collection de 12 nouveaux épisodes présentée
au festival de Cannes Classics
et diffusée sur France 4
- 1982
à 1992 - France - durée: 12 x 1h
- Sortie
à la Vente en DVD le 6 novembre 2008
Éditions de l'Ina
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| SYNOPSIS |
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Claude
Ventura a recomposé une série de 12 émissions
d’une heure à partir des séquences les plus emblématiques
de Cinéma Cinémas dans le respect de l’esprit
et de la forme d’origine de l’émission. Cinéma
Cinémas donnait à voir des metteurs en scène,
des scénaristes, des producteurs, des acteurs parlant de leur
travail ; des moments de tournage ; des séquences de films
mythiques analysées à la table de montage ; des lettres
de cinéastes tournées pour l’émission ;
des documents ; des essais de comédiens ; tout cela organisé
avec toujours la volonté de surprendre. ...
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| POINT
DE VUE |
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Quel
cinéphile n'a jamais rêvé de faire une balade en
voiture aux côtés de Martin Scorsese, déjeuner avec
Orson Welles et le voir parader devant une assemblée de critiques,
assister aux essais de costumes de Humphrey Bogart et Lauren Bacall
ou au tournage d'un plan du Satyricon de Fellini, voir Samuel
Fuller décrypter une séquence de Pick up on south
street, partir à la recherche de Lamberto Maggiorani, l'acteur
italien du Voleur de Bicyclette, discuter avec Godard alors
qu'il se rend en voiture à une avant première de Je
vous salue Marie en banlieue parisienne, écouter Jack Lemmon
raconter le tournage de Certains l'aiment chaud ou Robert Mitchum
celui de La nuit du chasseur ?
La collection Cinéma Cinémas est un trésor
absolu pour tout cinéphile. Cette émission réalisée
au temps où la télévision s'intéressait
au cinéma exauce le plus infime et le plus inattendu de nos fantasmes
de cinéphile. Ce coffret rassemble 12 épisodes diffusés
sur Antenne 2 entre 1982 et 1992 et globalise pas moins d'une centaine
de mini reportages de 2, 3, 7, 10 minutes. Une durée bien souvent
frustrante qui nous laisse souvent sur notre faim mais qui permet de
constituer le visage multiforme du cinéma des auteurs.
C'est aussi l'occasion de voir la télévision prendre le
temps de filmer et de regarder. Une télévision qui n'a
pas l'angoisse du vide et qui est capable de montrer sans complexe un
hors champ qui finit d'habitude dans les chutiers des salles de montage.
Exemple symptomatique: le reportage sur Toshiro Mifune. L'immense acteur
japonais en visite à Paris en 1989, filmé entre deux interviews,
parle pêle-mêle de ses troubles gastriques, de la rencontre
très intéressante avec un journaliste de Libé
(peut-être Serge Daney ?) et reçoit un journaliste de Positif
qui s'empêtre dans son magnétophone 'japonais' dernier
cri qui refuse de marcher. Bref une sorte d'anti-reportage, une non-interview
qui devient un portrait en creux, simple et émouvant de Mifune.
Bien entendu, toutes les interviews filmées ne sont pas de cet
acabit mais elles sont bien souvent décalées, dans une
chambre d'hôtel, en voiture ou alors chez l'habitant, ce qui évite
une certaine forme de pose (comme ces insupportables interviews promotionnelles
avec l'affiche-du-film-dans-l'dos, qui s'étalent dans la majorité
des bonus) et laisse place à l'inattendu, aux accidents de la
vie. Cinéma cinémas est aussi le triomphe du
plan séquence, du temps laissé à l'action pour
se déployer, à la parole et à la pensée
pour se développer. Quel plaisir de voir Pialat chercher son
plan et diriger ses comédiens sur le tournage Police
ou encore assister à la dispute entre Godard et son chef opérateur
Bruno Nuytten sur le décor de Détective (1).
Certes, la photo n'est pas toujours très belle, sous exposée
en extérieur ou filmée la nuit, un peu enterrée
mais cela donne à ces images, valeur d'objet archéologique,
précieuses, à peine déterrées, survivantes
et témoins irremplaçables d'un cinéma en train
de se faire, en train d'être pensé.
Un régal, je vous dis !
Laurent Devanne
Notes:
(1) Dans une interview
donnée à Objectif cinéma, Bruno Nuytten revient
sur cet épisode et voici en partie ce qu'il en dit: "Quand
j'ai vu Godard faire un signe à ce type pour filmer une conversation
problématique entre lui et moi basée sur la mauvaise foi,
je me suis dit que j'étais tombé dans un piège.
Voilà un moment de réel dangereux car hors contexte :
on ne sait pas ce qui précéde, ce qui suit, et après
on le voit à la télévision. L'équipe de
"cinéma cinémas" s'en est emparé pour
la première fois. Contexte : la leçon du maître
à un pauvre crétin qui n'y comprend rien (le pauvre crétin
c'était moi)"... |







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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LES
FILMS
DVD1
Épisode 1
- Le poids des mots- 1987- 02’04’’
Séquence réalisée par André S. Labarthe
- Sandrine Bonnaire- 10 photos- 1985- 05’20’’
Séquence réalisée par Michel Pamart / Michel
Boujut
- Le choc des images - 1987 - 01’51’’
Séquence réalisée par André Labarthe
- Les essais de Sandrine Bonnaire- 1984- 03’18’’
Séquence réalisée par Maurice Pialat
- Fuller- 1982- 11’04’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
/ Dominique Rabourdin
- Maria Schneider - Janvier 1983- 04’01’’
Séquence réalisée par Raoul Sangla
- Autour de l’argent- Jean Dréville 1928- 06’54’’
Séquence réalisée par Jean Dréville
- Richard Widmark– Hollywood- 1983- 07’32’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Philippe
Garnier
- "Tout est dans le script ..."- 1982- 12’46’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Philippe
Garnier
 
Épisode 2
- 24/10/1984 Enterrement de Truffaut- 01’16’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Jacques Doillon- La Pirate 28e jour de tournage- 1984-
07’47’’
Séquence réalisée par Alain Nahum
- Toshiro Mifune- Voyage à Paris- 1989- 07’58’’
Séquence réalisée par Alain Nahum
- Don Siegel- Los Osos Juillet 84- 07’35’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Bernard Blier "Sur mesure"- 1985- 07’16’’
Séquence réalisée par Raoul Sangla
- Dunaway- Chambre 347- 1987- 07’50’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Jacumba Hôtel - 1985- 18’43’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Philippe
Garnier
Épisode 3
- Martin Scorsese- New York Avril 1983- 11’10’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Anne Andreu
- Bétrice Dalle- Les essais- 1986- 04’09’’
Séquence réalisée par Dominique Besnehard
- Noiret- Vérités et mensonges- 1989- 07’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Anne Andreu
- Pialat - 17e jour de tournage- 1984- 11’30 ‘’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Anne Andreu
- Recherche Lolita désespérément- 1987- 11’30’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Philippe
Garnier
- Ciao Lamberto- 1983- 12’21’’
Séquence réalisée par Gérard Follin /
Marcelle Padovani
 
DVD2
Épisode 4
- Welles déjeune avec la critique - 1982- 10’51’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Michel
Boujut
- Jean Seberg - Les essais 1957- 00’39’’
Séquence réalisée par Otto Preminger
- Serrault - Point de vue de l'acteur- 1984- 06’44’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Anne Andreu
- Sweet Charlotte - 1988- 06’53’’
Séquence réalisée par Don Kent / Michel Boujut
- La collection Rohauer - Lucky Starlets 1936- 05’04’’
- Godard (Blues)- 1985- 11’43’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / André
S.Labarthe
- Edward Dmytryk - Le dernier des dix- 1985- 14’24’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Philippe
Garnier
 
Épisode 5
- Repérages - 1988- 01’41’’
Séquence réalisée par Patrick Bouchitey
- Un bel été - 1984- 05’09’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- De Niro - Un après-midi de chien - 1990- 03’38’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Lettre d’un cinéaste - Les minutes d'un faiseur de
film- 1983- 13’28’’
Réalisée par Luc Moullet
- Stanley Donen - Hollywood Juillet 85- 10’31’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- John Fante - 1988- 10’37’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Lino (Ballade) - 1982- 13’42’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
Épisode 6
- Paris 5H35 - 1984- 03’14’’
Séquence réalisée par Alain Nahum
- Mocky toujours - 1986- 07’47’’
Séquence réalisée par Michel Pamart
- Paris 6H40 - 1984- 02’12’’
Séquence réalisée par Alain Nahum
- Sterling met les voiles - 1986- 11’22’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Deneuve - Revue de détails- 1984- 07’28’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- Le 21 décembre 1940 - 1984- 09’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Frank Capra - Mai 1982- 1983- 13’06’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
 
DVD3
Épisode 7
- Ferreri tourney I love You - 1985- 01’58’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- "Fragments d'un scénario abandonné" de Jean
Eustache- 1982- 02’30’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Cassavetes "Love streams " Plans n°145, 146, 147-
1983- 10’56’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Trois camarades - 1986- 03’50’’
Séquence réalisée par Michel Pamart
- Le ciel est à eux - 1986- 02’41’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Ben Gazzara New York 42nd et 9th - 1985- 08’16’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Les petits papiers de Pascale O. - 1984- 05’50’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Loin de Philadephie - 1982- 22’44’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
 
Épisode 8
- Fellini tourne "Satirycon" 1969- 04’33’’
Séquence réalisée par Dominique Dellouche
- Sanda l’après-midi - 1985- 08’37’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Jack Lemmon - Hollywood Juillet 87- 11’32’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Lettre d’un cinéaste- Alain Cavalier- 1982- 13’10’’
Séquence réalisée par Alain Cavalier
- Marilyn - Home Movie- 1985- 02’03’’
Séquence réalisée par Walter Shields
- Jane Russell- Macao Juillet 85- 11’27’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Post Scriptum "La nuit du chasseur"- 1982- 05’42’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
Épisode 9
- Ambiance plateau - 1985- 04’ 41’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Lettres d’un cinéaste - 1988- 06’24’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- Peter Falk- Hollywood Juillet 84- 1984- 07’48’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Catherine Jacob– Essais- 1989- 02’12’’
Séquence réalisée par Etienne Chatiliez
- Nanni Moretti - 16 Nov. 87- 06’59’’
Séquence réalisée par Guy Girard
- Mr Bob - 1983- 07’28’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Richard Brooks - Hollywood 85- 12’15’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Hollywood Graffiti (suite)- 1983- 03’43’’
Essais costumes de Bogart / Bacall
 
DVD4
Épisode 10
- 20 ans déjà...- 1986- 02’03’’
Séquence réalisée par Guy Girard
- 1984 Détective- 07’14’’
- Jacques Dutronc "A part ça... La nuit je m'ennuie..."-
1982- 08’22’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Hollywood Graffiti (suite)- James Dean- 1985- 02’17’’
- Stefens Frears - Londres Oct. 88- 11’42’’
Séquence réalisée par Christian Meunier
- A sweet Romance- 1986- 08’11’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Angie- Hollywood Juillet 85- 15’26’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
 
Épisode11
- Le bunker - 1990- 02’33’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Aldo Ray - Union Station - Août 1986-09’17’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Aki Kaurismaki- 1990 – 08’17’’
Séquence réalisée par Christian Meunier
- Rock Hudson - Hollywood Juillet 84- 10’36’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Lettre d’un cinéaste - Serge Gainsbourg- 1982- 11’11’’
Séquence réalisée par Serge Gainsbourg
- Vincent Price - Malibu Juillet 86- 10’48’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Adieu Rita - 1987- 07’16’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
Épisode 12
- Départ- 1984- 01’53’’
- "Frenzy" La bande annonce 1972- 02’21’’
- Chabrol- Histoire d'une interview - 1956- 02’55’’
Séquence réalisée par Alain Nahum
- Hitchcock s’explique -1965- 03’47’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- Jimmy- 1984 - 07’07’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- La douche - 1987- 06’56’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- Hitchcock s’explique -1965- 10’22’’
Séquence réalisée par André S.Labarthe
- Tippi- 1984- 05’46’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Olivier
Guiton / Philippe Garnier
- "Les oiseaux " Le story board 1962- 06’08’’
Séquence réalisée par Claude Ventura / Olivier
Guiton / Philippe Garnier
- Shock corridor- 1986- 06’14’’
Séquence réalisée par Claude Ventura
- "Black mail " Les essais 1929- 1984- 00’45’’
- 1979 Ambiance- 04’33’’
 
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| "Le
secret derrière la porte" par MICHEL BOUJUT |
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« Cinéma Cinémas, cet oeillet à la
boutonnière d’Antenne 2 », avait écrit
Françoise Giroud... En nous lançant dans l’aventure
à partir de janvier 82, nous savions surtout, Anne, Claude
et moi, ce à quoi nous voulions échapper : la pédagogie
qui plombe, les insignifiances promotionnelles, la cinéphilie
reconnue d’utilité publique et les plateaux à
plantes vertes. L’irremplaçable Pierre Desgraupes, notre
mentor, nous avait fait confiance pour initier un rapport nouveau
au cinéma dans lequel se retrouveraient les puristes et le
grand public. C’était inespéré.
Nous allions pouvoir faire passer ce désir de cinéma
par notre bon plaisir, sans quotas ni visas. Embarquement pour Cythère
sur les violons de la nostalgie. Franz Waxman et Guy Peellaert. Pendant
dix ans, nous avons attrapé le cinéma par tous les bouts,
sans aucun souci de hiérarchie ou d’échelle de
valeurs. Seule nous guidait l’exigence d’un style. Le
« look » Cinéma Cinémas n’était
pas un simple habillage, mais l’équilibre concerté
entre curiosité, glamour et émotion : peut-être
« une oeuvre moderne construite sur le fragment et l’inachèvement
», ainsi que la définissait Alain Bergala à l’occasion
d’une intégrale programmée dès 1993 à
l’Institut Lumière à Lyon.
Chacun de ces fragments reposait sur un dispositif particulier, ouvert
aux surprises (voire aux accidents de parcours) et dévoilant
peu ou prou un certain désir de fiction. Crucial dans notre
approche, ce penchant pour la fiction, car il déterminait tout
le reste et affirmait notre identité. Incitation à trouver
un angle, à créer une ambiance, à inventer des
situations. Suite de palace, quai de gare, piscine, voiture en marche,
laverie automatique ou bar de nuit, les clichés ne nous faisaient
pas peur, pour peu qu’ils aient les couleurs du rêve et
qu’ils soient synchrones avec notre imaginaire.
Cinéma Cinémas était fait de résonances
et d’échos entre le passé et le présent,
entre l’ici et l’ailleurs, et singulièrement des
deux côtés de l’Atlantique. Le tout consistant
à trouver un équilibre entre documents bruts et portraits
sophistiqués, rencontres et chroniques, interviews et bouts
d’essai. Nos enquêtes et filatures nous entraîneraient
immanquablement à la poursuite des chers fantômes d’hier
(Louise Brooks, Gene Tierney, Faulkner, Goodis, Capra, Ford, Hitchcock,
Welles, Cassavetes et les autres), tout autant que sur les traces
des cinéastes, des scénaristes et des acteurs d’aujourd’hui,
les petits comme les grands, ceux qu’on oublie et ceux qu’on
encense.
(extrait
du dossier de presse)
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| "Rêver
le cinéma, tous les cinémas... " par Claude Ventura |
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Cinéma Cinémas, nous le voulions au plus près
de nos émotions et de nos rêves sur le cinéma,
loin de toute idée de promotion. Nous n’avions pas de
volonté didactique, pas d’exigence d’information,
pas d’impératifs de suivi d’actualité, ce
qui nous guidait c’étaient nos coups de cœur. Notre
idée était de fabriquer un magazine de télévision
contemporain dont le champ d’exploration était le cinéma,
avec une approche «cinéma».
Cinéma Cinémas se composait de séquences de longueur
et d’humeur différentes, sans la qualité de sérieux
obligatoire souvent de mise quand on parle de cinéma. L’émission
donnait à voir des metteurs en scène, des scénaristes,
des producteurs, des acteurs parlant de leur travail ; des moments
de tournage ; des séquences de films mythiques analysées
à la table de montage ; des lettres de cinéastes tournées
pour l’émission ; des documents ; des essais de comédiens
; tout cela organisé avec toujours la volonté de surprendre.
Aujourd’hui, 20 ans après, même si ce n’était
pas ce qui nous guidait, on se rend compte qu’on a accumulé
une somme de témoignages formidables, une source de documentation
d’une richesse absolue. Tout cela risque d’être
oublié. C’est ce qu’a pensé Jean-Pierre
Jeunet qui est à l’origine de ce projet : recomposer
une série
d’émissions à partir des séquences les
plus emblématiques de Cinéma Cinémas et dont
j’assurerai le montage. Une re-création respectant l’esprit
et la forme d’origine de l’émission.
L’occasion de faire revivre un pan entier de notre patrimoine
télévisuel et cinématographique et de faire revivre,
vingt ans après, Cinéma Cinémas dont lafonction
essentielle était de rêver le cinéma, tous les
cinémas.
(extrait
du dossier de presse)
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| Jean-Pierre
Jeunet, le fan qui fit renaître Cinéma Cinémas... |
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Pour tout cinéphile, Cinéma Cinémas
n'aura pas été seulement la meilleure émission
jamais produite sur le cinéma, mais probablement la meilleure
émission de télévision tout court !
Les soirs de diffusion étaient réservés, les
programmes épluchés, les magnétoscopes VHS chauffaient,
les téléphones sonnaient le lendemain et les commentaires
allaient bon train... Quand la musique de Une place au soleil
s'envolait sur les fabuleux dessins de Peellaert, quand enfin Rita
Hayworth lançait son « I don't want to die »,
alors retentissait le gong et Eddie Constantine pouvait ouvrir les
portes du long corridor sur 50 minutes de pur bonheur.
Je me souviens avoir mangé un plateau de fruits de mer à
Etretat, aux côtés d'un inconnu dont je venais de reconnaître
LA VOIX... Tétanisé comme un fan intimidé, je
n'avais osé m'adresser à... Michel Boujut. C'est parce
que Cinéma Cinémas... que des années
plus tard, j'ai fait des essais avec Michel pour la voix off d'Amélie
Poulain. Et même si j'ai finalement choisi André
Dussollier, la voix de Boujut reste pour moi LA VOIX OFFICIELLE du
Cinéma !
Sans oublier la voix de Jean-Claude Dauphin, annonçant les
interviews des dinosaures d'Hollywood, bronzés-liftés
au bord de leur piscine, interrogés par un certain Philippe
Garnier.
Et c'est parce que... Cinéma Cinémas que je
fantasmais sur ce Garnier, dévorais ses articles dans Libération,
me ruais sur les rééditions chez Bourgois des romans
de John Fante qu'il avait préfacés. C'est aussi parce
que Cinéma Cinémas que je me précipitais sur
une de mes premières intervieweuses pour la promotion d'Amélie,
à Lyon, qui n'était autre qu'Anne Andreu. Et enfin,
je rencontrais le maître de « la forme », Claude
Ventura, car Cinéma Cinémas n'était pas seulement
une émission sur le cinéma.
Illustrations musicales, bancs-titres virevoltants, mise en scène
des objets, intégrations des extraits de films et des voix
off, c'était DU cinéma. Je suis certain que le générique
de Délicatessen, caméra dansant d'un objet
à l'autre sur les phrases musicales, doit beaucoup à
Claude. De temps en temps, je ressortais une vieille VHS au hasard,
et d'un Spécial Hitchcock à une Lettre d'Alain Cavalier
ou d’Antonioni expliquant comment la caméra passait par
la fenêtre dans Profession reporter aux archives de
la Collection Rohauer, je constatais que rien n'avait vieilli, que
beaucoup de sujets avec le temps n'en étaient que plus émouvants
(la plupart de ces vieux « directors » hollywoodiens ont
aujourd'hui disparu).
Par contre, force était de constater que mes VHS avaient, elles,
bien vieilli... et je commençais à imaginer un coffret
DVD afin de sauver ces chefs-d’œuvre en péril de
l'oubli éternel. Hélas, pas question de rééditer
la totalité des neuf années de diffusion!
Rapidement, je me suis rendu compte que je serais dans l'impossibilité
de choisir, et que le mieux serait de jouer le « parfait producteur
», c'est-à-dire de faire confiance aux auteurs eux-mêmes.
C'est ainsi que les trois mousquetaires ont établi leur liste
préférentielle, et que Claude Ventura s'est de nouveau
attelé à la tâche. J'ai à peine jeté
un oeil distrait aux choix de La collection, à la fois redoutant
des déceptions sur certaines absences, à la fois ne
voulant pas me gâcher le plaisir de la
redécouverte.
C'est grâce à la détermination d'Emmanuelle Sterpin,
Docteur es Rééditions, qu’après deux ans
de travail et de négociations, Cinéma Cinémas
revoit enfin le jour, avec la collaboration précieuse et indispensable
de l'Ina et le soutien du CNC.
Jean-Pierre Jeunet
(extrait
du dossier de presse)
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