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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Pour
qui n’est guère familier de la pensée et des écrits
de Jacques Derrida (et plus largement d’à peu près
toute la philosophie contemporaine, mais j’ai encore la vie devant
moi), chroniquer un film dont il est le sujet peut révéler
de la gageure. En même temps, pas tant que ça, puisque
D’ailleurs Derrida quoique modeste dans sa facture (documentaire
Arte qui ne connut pas l’honneur d’une sortie salle contrairement
au Derrida de Kirby Dick et Amy Ziering Kofman en 2002) réussit
une sorte de défi : rendre une certaine proximité avec
le philosophe pour qui ne le connaît pas, en même temps
qu’il ménage une autre dimension plus « spécialisée
» pour les connaisseurs. En somme, tour à tour introduction et note de bas de page, le film se concentre sur la personne Derrida présenté sous suffisamment d’atours charmeurs et hédonistes pour battre en brèche, du côté du philosophe, la figure du mandarin et, du côté du documentaire, le film éducativo-pontifiant. Car le film a beau être bref, il présente plusieurs facettes : film portrait voire film testament (puisque le philosophe allait nous quitter en 2004 cinq ans après la réalisation de ce film), comme film auto référentiel puisque au détour de quelques séquences, Derrida s’improvise co-auteur du film, tentant d’intervenir sur le montage ou le filmage d’une séquence. À moins qu’il ne s’agisse d’une mise en application de sa fameuse « déconstruction » dans le champ du cinéma ? Mais tout le pari du film s’accorde à un parti pris simple mais efficace : s’accorder à la parole du philosophe, une parole non seulement volubile et discursive mais surtout voyageuse. Dispersée entre différents « foyers » aussi bien physiques (Paris, l’Algérie, l’Espagne, les Etats-Unis) que symboliques (les racines familiales, les lieux de formation, les lieux d’enseignement), les mots comme la présence physique du philosophe semble finalement diffractée et insaisissable. Fragmentation des points de vue, comme fragmentation des points d’appréhension de l’homme comme du philosophe. Ainsi, au fil du film, Derrida s’identifie lui-même à différentes figures, qui paraissent composer chez lui des fragments d’une mythologie intime, notamment la figure du marrane (juif d’Espagne converti sous la contrainte au christianisme, mais resté fidèle à sa religion d’origine). Pour qui ne connaît rien à Derrida (ce qui, je le répète, est mon cas) cette identification atteint sans doute le noyau dur de la pensée comme de la démarche derridienne : celle d’une pensée qui parce qu’elle est soumise à un perpétuel exil et déplacement doit sans cesse se réinventer en mouvement. De fait, le film, dès lors qu’il a choisi de ne pas cerner le philosophe par un « noyau » signifiant, en propose différents éclairages qui finissent pas dessiner un portrait chinois. Bien le moins que de convoquer la pensée asiatique pour dresser le croquis d’un homme modelé à égalité par les cultures méditerranéennes et par l’université américaine. Joachim Lepastier |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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| Biographie de Jacques Derrida (1930 - 2004) | ||||
Originaire
d'une famille juive d'Algérie, il fait ses études secondaires
à Louis-le-Grand où il rencontre plusieurs intellectuels
comme Pierre Bourdieu, Michel Deguy ou Michel Serres. Il entre en 1952
à l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm et
suit les cours de Jean Hyppolite et de Maurice de Gandillac : après
sa rencontre avec Louis Althusser, Derrida rédige sa thèse
sur Le problème de la genèse dans la philosophie de Husserl.
Après qu'il s'est lié d'amitié avec Michel Foucault,
il est reçu à l'Agrégation et part enseigner aux
Etats-Unis à Harvard : il n'échappe pas à la conscription
en Algérie et doit rentrer en France. En 1962, le philosophe
s'installe à Nice avant de retrouver la capitale pour dispenser
son savoir à Normale où il est nommé maître-assistant
en 1964. Ses premiers grands livres sont publiés en 1967, notamment
De la grammatologie, L' Ecriture et la différence et La Voix
ou le Phénomène, et réexamine les thèses
métaphysiques en éradiquant les présupposées
de la parole ou logocentrisme de notre philosophie classique. Le fameux
concept de « déconstruction » se veut en termes heideggériens
une synthèse des ontologies contemporaines dans des oeuvres comme
La Dissémination ou La Carte Postale. Il a consacré les
années 1990 à une réflexion sur l'universalisme
: ses quatre-vingt oeuvres en font le philosophe français le
plus étudié à travers le monde. La Déconstruction chez Derrida La Déconstruction est une méthode, voire une école, de la philosophie contemporaine. Cette pratique d'analyse textuelle est employée pour décortiquer de nombreux écrits (philosophie, littérature, journaux), afin de révéler leurs décalages et confusions de sens, par le moyen d'une lecture se focalisant sur les postulats sous-entendus et les omissions dévoilées par le texte lui-même. Ce concept, participant à la fois de la philosophie et de la littérature, obtint une grande notoriété aux Etats-Unis, où il est assimilé à la philosophie postmoderne, et plus globalement à l'approche divergente de la philosophie continentale d'Europe. Si le terme « déconstruction » fut d'abord utilisé par Heidegger, c'est l'œuvre de Derrida qui en a systématisé l'usage et en a théorisé la pratique. En traduisant et récupérant à son compte la notion de déconstruction, Derrida entendait que la signification d'un texte donné (essai, roman, article de journal) est le résultat de la différence entre les mots employés, plutôt que de la référence aux choses qu'ils représentent ; il s'agit d'une différence active, qui travaille en creux le sens de chacun des mots qu'elle oppose, d'une façon analogue à la signification différentielle saussurienne en linguistique. Pour marquer le caractère actif de cette différence (au lieu du caractère passif de la différence relative à un jugement contingent du sujet), Derrida suggère le terme de différance, sorte de mot-valise combinant « différence » et le participe présent du verbe « différer » : « différant ». En d'autres termes, les différentes significations d'un texte peuvent être découvertes en décomposant la structure du langage dans lequel il est rédigé. (EXTRAITS DE DOSSIER DE PRESSE) |
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| Biographie de Safaa Fathy | ||||
Ayant
eue pour professeur Jacques Derrida, Safaa Fathy est née en 1958
à Minia en Haute Egypte. Elle a obtenu un diplôme d’études
théâtrales de l’Université de Paris VIII (St
Denis) en 1985, et un doctorat de la Sorbonne en 1993 avec une thèse
sur le théâtre épique en Grande-Bretagne (John Arden
et Edward Bond). Elle est l’auteur de plusieurs films, dont D’Ailleurs,
Derrida. En 2000, elle co-signe un livre avec Jacques Derrida inspiré
de l’expérience de ce film : Tourner les mots, Au bord
d’un film. Ses autres films sont : Hidden faces, documentaire,
1991 (co-réalisatrice) ; Ghazeia, danseuses d’Egypte, documentaire,
1993 ; Maxime Rodinson : l’athée des dieux, documentaire,
1996 ; Le Silence, court-métrage de fiction, 1997. Elle est l’auteur
de plusieurs recueils poétiques en arabe Elle a aussi mis en
scène une dizaine de pièces. °°°°° |
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