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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Un
tueur en série assassinant pécheurs et pécheresses,
une ambiance pluvieuse, deux enquêteurs aux caractères
différents mais complémentaires. Cette combinaison d’éléments,
la jeune génération de cinéphiles la connaît
sous les traits du Se7en de David Fincher. Cette somme de motifs
communs n’étant sans doute pas fortuit, L'assassin
sans visage a tout du film qui aura su marquer les esprits. Un
souvenir qui saura sans doute remonter par bribes au moment où
Andrew Kevin Walker écrivit le scénario de Se7en. Nous sommes en 1949, et ces films criminels d’un genre nouveau (abordant l’enquête policière sur un mode moins littéraire), même s’ils se gardent bien d’explorer le champ des possibles d’une représentation des meurtres les plus violents, sont cloîtrés dans une économie de série B. Cette figure du tueur en série, dont les films contemporains se délecteront de l’étude comportementale vingt ans plus tard, est ici abordé superficiellement, sans psychologie ni étude d’un quelconque modus operandi. Richard Fleischer (le même qui réalisera Soleil vert dans les années 70), encore sous la tutelle du Code Hays, doit trouver une série de subterfuges afin de ne pas réaliser un énième film d’enquête bavard et sans intérêt. C’est en choisissant de faire du mannequin (une idée tout droit sortie de la tête d’Anthony Mann, alors scénariste) un presque-personnage qu’il parvient à dynamiser son récit (somme tout un peu plan-plan), quitte à flirter avec les atmosphères fantastiques. Censée représenter le tueur, la physionomie du mannequin semble d’abord pointer du doigt l’Américain moyen comme criminel potentiel. Ce brave Monsieur Tout-le-monde. Sans jamais exploiter cette thèse somme toute risquée pour l’époque, Fleischer se plaît tout de même à décrire la société Américaine sur le mode minimaliste : ses commerçants, ses journalistes et sa police. C’est dans la friction de ces trois éléments figuratifs que se trouve au fond la véritable intention de Fleischer : jouer des figures imposées du « genre policier » et de l’évolution de ses codes. En faisant de son tueur un grand connaisseur du roman criminel, ce qui lui permet de déjouer les méthodes traditionnelles d’investigation abondamment décrites, Fleischer peut à la fois emporter ses enquêteurs et son spectateur sur de fausses pistes tout en livrant en filigrane sa petite thèse sur les rapports qu’entretiennent le réel et le genre. En gros, la réalité, via le journalisme d’investigation donne naissance au genre, qui en retour alimente le réel. Ainsi, seule une connaissance des connaissances du tueur prélevées sur le corps du genre même permettra l’identification du criminel. Tordu, isnt’it ? En apparence simple film policier de série, L'assassin sans visage se révèle vite d’une pertinence à toute épreuve pour qui parvient à saisir au vol la profondeur du propos, il est vrai, bien caché derrière un lourd cahier des charges narratif et esthétique. Fabien Thévenot |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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