CHILD OF DIVORCE

ARMORED CAR ROBBERY

L'ÉNIGME DU CHICAGO EXPRESS

de Richard FLEISCHER


 
  • COFFRET DOUBLE DVD
  • 1946 à 1952 - Etats-Unis
  • Sortie à la Vente en DVD le 16 octobre 2008
    Éditions Montparnasse
POINT DE VUE
Cas ambigu et intéressant que celui de Richard Fleischer. Est-il un virtuose méconnu ou un employé modèle des studios ? Un cousin négligé de Howard Hawks ou un simple « super-pro » d’Hollywood ? Un adepte de la mise en scène tellement savante qu’elle en devient invisible ou un faiseur de première catégorie ? Son nom ne vient pas spontanément à l’esprit quand il s’agit d’évoquer les grands d’Hollywood. Il ne compte pas de chef d’œuvre incontestable à son actif, mais en même temps, la diversité de sa filmographie (45 longs-métrages au compteur) a de quoi largement satisfaire les cinéphiles, y compris les plus exigeants. Comme Hawks, il a dû tâter d’à peu près tous les genres cinématographiques en en changeant à chaque film (sauf peut-être la comédie) au gré d’une carrière rectiligne qui l’a vu débuter comme employé de la RKO (grade « réalisateur de série B ») pour finir avec les blockbusters seventies (Tora Tora Tora en 1970, Soleil vert en 1973) voire schwarzies (Conan le destructeur 1984) alternés avec des opus d’une facture nettement moins clinquante et à la tonalité ouvertement désenchantée (notamment le très beau polar amer et mélancolique New Centurions – Les flics ne dorment pas la nuit 1972).


Ce sont justement ses premiers pas qui sont remis ces jours-ci à l’honneur dans un luxueux coffret édité par les éditions Montparnasse et comprenant ses trois premiers titres : Child of a divorce (1946), Armored car robbery (1950) et L’énigme du Chicago Express (1952).
Qui dit « séries B » et « films de studio » pense immédiatement « efficacité », « concision », « économie de moyens qui servent l’invention du style ». Et de fait, ces traits saillants que l’on a appris à repérer dans les œuvres à d’Ulmer, de Tourneur ou de Fuller sont ici au rendez-vous. Mais ce qui frappe encore plus, c’est un mouvement paradoxal commun aux trois films, un manifeste pour faire de nécessité vertu, une devise qui résume une ambition : « moins de temps, plus d’intrigue ». Ce qu’impose la courte durée des films (70 minutes grand maximum), ce n’est pas tant d’aller vers l’épure qu’au contraire de donner une épaisseur inattendue aux récits. D’où un saisissant effet de condensation qui nous renvoie à une autre forme de récit contemporain : l’épisode de série américaine. De fait, découvrir ces films aujourd’hui fait naître chez le spectateur plus d’une réminiscence avec cette forme de récit ramassé par nécessité, mais densifié par volonté. Car la singularité de Fleischer n’est pas tant de travailler « le genre » que le croisement des genres.


Films noirs respectant leurs cahiers des charges, Armored Car Robbery et L’énigme du Chicago Express assument ainsi parfaitement l’héritage des polars américains de Fritz Lang : ne filmer que des actes et l’enchaînement de leurs implacables conséquences. Mais au-delà de cette discipline (ce qui est déjà très bien), les films travaillent également l’héritage du maître allemand sur un autre versant : le film ouvertement gothique (mais hérité là d’un autre maître Edgar Allan Poe), le défilé d’ombres et de spectres, la distorsion de l’espace. A elle seule, la composition des cadres suffit à poser les enjeux de la scène. Il n’y a qu’à voir l’aisance avec laquelle Fleischer organise et segmente les scénographies criminelles dans des espaces étriqués (compartiment de train, cage d’escalier) pour comprendre combien sa mise en scène se joue des contraintes et fait autant, si ce n’est davantage, parler l’espace que le scénario. Façon de multiplier les cadres dans le cadre et les arrières-plans qui n’est pas un simple gage de virtuosité, plutôt un signe de dévoiler le double niveau de lecture propre au meilleur des séries B.

Ce croisement des genres et des styles se révèle encore plus impressionnant et inattendu dans le premier film de Fleischer : Child of a divorce, dont le pitch (le divorce des parents vus par les yeux de leur fille de 8 ans) et l’époque de réalisation (1946) peuvent a priori inquiéter le spectateur actuel. Et c’est peu de dire que le film a de quoi surprendre le spectateur le plus blasé. Car à la vision de ce film, on ne se dit jamais que le film, reposant sur des mœurs dépassés, date horriblement. Car c’est véritablement autre chose que le simple « drame d’un divorce » qui se joue là. Faisant fi de tout sentimentalisme, Fleischer réussit pourtant là un drame d’une grande tension affective et fait naître là encore un genre improbable : le mélodrame mâtiné de « thriller affectif ». Si on n’est plus dans le film noir, on reste quand même dans la tension propre aux histoires de gangsters et de femmes fatales. Ce ne sont plus des flingues que l’on dégaine, mais des mots, des regards de confiance ou de déception. Et les protagonistes ne sont pas plus tendres ! Et ça ne fait pas moins mal !

Entres autres traits remarquables , on peut évoquer la place inédite que Fleischer assigne à l’enfant : non plus une victime de la cruauté des adultes, mais un véritable agent de la suspicion qui redouble le doute affectif au sein de la cellule familiale. Traitée avec autant d’attention que les personnages de ses parents, elle devient un agent de la suspicion, insinuant le doute et gagnant, non sans le faire au prix d’une intense douleur intérieure, le droit à l’autonomie. De fait, cette histoire somme toute banale parvient, par l’intensité et la noblesse des sentiments qui s’échangent (ou plutôt se trafiquent) entre les trois protagonistes (le père, la mère, la fille), à gagner l’ampleur et les accents d’une tragédie. Une tragédie condensée peut-être mais sans doute pas une tragédie miniature.


De fait, je ne sais pas si André Gide qui mourut en 1951 avait vu les premiers films de Fleischer, mais de fait, ils auraient pu lui inspirer sa sentence définitive : « l’art naît de contrainte, vit de lutte, meurt de liberté ». Pour autant, ces débuts de Fleischer ne s’apprécient pas uniquement sous le signe de la domestication des impératifs et de la transformation du cahier des charges en œuvre accomplie.


Il est une dernière impression que la brièveté des films procure. Au «the end», les fils de la narration ont beau avoir été noués, il n’en reste pas moins que certains nœuds restent volontairement un peu lâches, persistent dans la mémoire du spectateur. Toutes les énigmes ne sont pas levées et de ce fait, créent un malaise sans doute volontaire, malaise qui renvoie aux questions de confiance trahie (thème commun aux trois films). En somme, le spectateur peut avoir l’impression que le film s’est arrêté trop vite, mais en même temps, il peut exprimer sa gratitude de pouvoir le continuer dans sa tête, par et pour lui-même. C’est aussi la grandeur de la série B que d’offrir ces récits célères et troués mais qui conservent toujours une part de mystère sur lesquels ils aiment à se refermer. Voltaire qui n’a pas vu de films de Richard Fleischer (mais aurait sans doute apprécié les pointes d’ironie et de cruauté –souvent délivrées par les enfants d’ailleurs- de Child of divorce) disait que « les meilleurs livres sont ceux dont le lecteur écrit la moitié ». Les meilleurs films aussi. Nous en tenons ici trois beaux spécimens.




Joachim Lepastier



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CHILD OF DIVORCE

SYNOPSIS

Une enfant de 8 ans assiste aux disputes régulières de ses parents, lorsqu’ils divorcent la séparation est douloureuse et ne tarde pas à affecter son état mental et physique.

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    1946 - 62 min
    Réalisateur : Richard Fleischer

    Fiche Technique
    Lillie Hayward : Producteur
    Sid Rogell : Producteur exécutif
    Lillie Hayward : Scénariste d’après la pièce « Wednesday’s Child » de Leopold Atlas
    Jack Mac Kenzie : Directeur de la photographie
    Leigh Harline : Musique originale
    Samuel E. Beetley : Montage
    Ralph Berger : Direction artistique
    Albert S. D'Agostino : Direction artistique
    William Magginetti : Décorateur de plateau
    Darrell Silvera : Décorateur de plateau
    Maxwell O. Henry : Assistant réalisateur
    Earl A. Wolcott : Technicien du son
    Russell A. Cully : Effets spéciaux

    Fiche Artistique
    Sharyn Moffett : Roberta “Bobby” Carter
    Regis Toomey : Ray Carter
    Madge Meredith : Joan Carter Benton
    Walter Reed : Michael Benton
    Una O'Connor : Nora, the Maid
    Doris Merrick : Louise Norman
    Harry Cheshire : Judge
    Selmer Jackson : Dr. Sterling
    Lillian Randolph : Carrie, the Maid
    Patricia Prest : Linda
    Gregory Marshall : Freddie
    George McDonald : Donnie
    Patsy Converse : Betty
    Ann Carter : Peggy Allen

  • Propos de Richard Fleischer
    «Child of Divorce est un de mes films préférés. Centré sur le drame qu’un divorce occasionne chez une petite fille, le film est très différent des séries B que la RKO tournait à l’époque. Le scénario de Lillie Hayward était excellent et je tournais une fin qui refusait le happy end systématique de l’époque. […] J’essayais d’éviter les clichés traditionnels des mélos. Quand Bobby tombe malade, les parents viennent la voir et les spectateurs s’attendent à une réconciliation devant le lit de l’enfant, mais la mère s’est remariée avec quelqu’un que Bobby déteste. […]
    Comme Child of Divorce était mon premier film, je souffrais comme un damné et le tournage fut un véritable enfer pour moi. J’étais très nerveux, bien que je sentais que je parvenais à obtenir d’excellentes performances de mes acteurs, chose inhabituelle pour ces films à petit budget. Je passais un grand nombre de nuits blanches à me demander à quoi ressembleraient mes rushes le lendemain. Aussi, je fus soulagé quand je vis le résultat final dont je suis extrêmement satisfait. »
ARMORED CAR ROBBERY

SYNOPSIS
Un lieutenant de police traque les gangsters qui ont réussi un hold-up d'un demi-million de dollars à Los Angeles.
FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    1950 - 67 min
    Réalisateur : Richard Fleischer

    Fiche Technique
    Herman Schlom : Producteur
    Earl Felton : Scénariste
    Gerald Drayson Adams : Scénariste
    D’après une histoire de Robert Angus et Robert Leeds
    Guy Roe : Directeur de la photographie
    Roy Webb : Musique originale
    Desmond Marquette : Montage
    Ralph Berger : Direction artistique
    Albert S. D'Agostino : Direction artistique
    James Altwies : Décorateur de plateau
    Darrell Silvera : Décorateur de plateau
    John Pommer : Assistant réalisateur
    Clem Portman : Technicien du son
    Francis M. Sarver : Technicien du son

    Fiche Artistique
    Charles McGraw : Lt. Jim Cordell
    Adele Jergens : Yvonne Le Doux
    William Talman : Dave Purvis
    Douglas Fowley : Benjamin “Benny” McBride
    Steve Brodie : Al Mapes
    Don McGuire : Detective Danny Ryan
    Don Haggerty : Detective Driving Final Pursuit Car
    James Flavin : Lt. Phillips
    Gene Evans : William “Ace” Foster

  • Propos de Richard Fleischer
    «J’aime beaucoup ce film car il me permit d’expérimenter mon style nouvellement trouvé […]. J’aimais l’histoire et son suspense. Armored Car Robbery me permit de parfaire un style que je désirais utiliser pour mes futurs films. »

L'ÉNIGME DU CHICAGO EXPRESS

SYNOPSIS

Le détective Walter Brown est chargé de protéger Mrs Frankie Neall de ses assassins lors de son voyage en train de Chicago à Los Angeles.

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM
    1952 - 71 min
    Titre original: The Narrow Margin
    Réalisateur : Richard Fleischer

    Fiche Technique
    Stanley Rubin : Producteur
    Earl Felton : Scénariste
    D’après une histoire de Jack Leonard et Martin Goldsmith
    George E. Diskant : Directeur de la photographie
    Robert Swink : Montage
    Albert S. D'Agostino : Direction artistique
    Jack Okey : Direction artistique
    Darrell Silvera : Décorateur de plateau
    William Stevens : Décorateur de plateau
    Clem Portman : Technicien du son
    Francis M. Sarver : Technicien du son

    Fiche Artistique
    Charles McGraw : Det. Sgt. Walter Brown
    Marie Windsor : Mrs. Frankie Neall
    Jacqueline White : Ann Sinclair
    Gordon Gebert : Tommy Sinclair
    Queenie Leonard : Mrs. Troll
    David Clarke : Joseph Kemp
    Peter Virgo : Densel
    Don Beddoe : Gus Forbes
    Paul Maxey : Sam Jennings
    Harry Harvey : Train conductor

  • Propos de Richard Fleischer
    «Le résultat final du film représente ce que je pensais être la perfection de mon style. Je l’avais trouvé et réussissais à le transposer comme je le désirais sur l’écran. Treize jours de tournage. Je fis répéter les acteurs à mon compte pendant trois ou quatre jours avant le début du tournage. Cela m’a beaucoup aidé. Mon chef opérateur, George E. Diskant, fut très coopératif : je voulais utiliser la caméra à l’épaule et il accepta. Son travail fut de grande qualité.
    Earl Felton s’était surpassé avec son merveilleux scénario ; je pensais qu’il m’était impossible d’échouer avec un tel scénario. J’eus un énorme plaisir à tourner L’Énigme du Chicago Express et j’y pense toujours avec grand plaisir. C’est très certainement un des meilleurs films que j’ai réalisés. »

  • BONUS
    Notre avis:
    Abondants bonus parmi lesquels on notera :
    L’interview « je suis une légende d’Hollywood, mais venez donc, sans façon, passer prendre l’apéro au bord de ma piscine » dont la mille fois regrettée émission Cinéma, Cinémas était coutumière.
    Les introductions et séquences commentées par les incontestables réalisateurs cinéphiles Bertrand Tavernier, Alain Corneau et Nicolas Saada.
    Un livret rédigé en partie par Philippe Garnier et illustré d’extraits de story-boards. JL


    * "Un pro d’Hollywood", interview de Richard Fleischer (1990) par Claude Ventura et Philippe Garnier - 9 min - VOST
    Sujet: En 1990, dans la villa de Richard Fleischer, Philippe Garnier (journaliste à Libération) et Claude Ventura (réalisateur) réalisent une interview du célèbre réalisateur américain, qui évoque ses débuts à la RKO, sa manière si particulière de tourner et diriger mais aussi son expérience de "sauveteur de films". Des images d'archives inégalables !


    * "L’énigme du Chicago Express, scènes commentées par Nicolas Saada" - 18 min - Français
    Sujet: Nicolas Saada, réalisateur, et critique cinéma (Cahiers du Cinéma, Nova), commente la mise en scène de scènes clés de L'Enigme du Chicago Express.


    * "Armored Car Robbery, scènes commentées par Nicolas Saada" - 9 min - Français
    Sujet: Dans ce commentaire de scènes, Nicolas Saada nous montre en quoi Richard Fleischer innove par son invention visuelle …


    * "Portrait d’un cinéaste de studio : Richard Fleischer par Bertrand Tavernier" - 19 min - Français
    Sujet: Bertrand Tavernier, réalisateur, producteur et scénariste français, revient sur le parcours de Richard Fleischer : comment et pourquoi est-il entré à la RKO, comment travaillait-il ? A travers le portrait du cinéaste américain, Tavernier nous dresse tout un pan de l’histoire du cinéma.


    * "Ciné Club", Alain Corneau et Bertrand Tavernier autour de 2 films noirs - 21 min - Français
    Sujet: Pour cette édition spéciale, Corneau et Tavernier se retrouvent, échangent, rient et se souviennent de certaines scènes de Richard Fleischer, réalisateur au talent mal connu mais révolutionnaire. De l’absence remarquable de musique pour illustrer une tension aux jeux de reflets dans les vitres d’un train, les mises en scènes de Richard Fleischer, son rapport aux acteurs, sont soulignés par ces deux amis… et nous donnent envie de (re)voir les films !


    * "Child of Divorce par Bertrand Tavernier" - 19 min - Français
    Sujet: Bertrand Tavernier nous livre ici une analyse de quelques scènes du premier film méconnu de Richard Fleischer, Child of Divorce. Il met en valeur ce drame familial, jamais égalé, centrant son étude sur des scènes primordiales.


    * "Armored Car Robbery par Bertrand Tavernier" - 7 min - Français
    Sujet: Bertrand Tavernier évoque ici les effets stylistiques choisis par Richard Fleischer, tels que le choix des décors, des personnages, la mise en scène ou encore les plans utilisés, qui donnent à son film de gangsters toute sa dimension obscure.


    * "L’Enigme du Chicago Express par Bertrand Tavernier" - 7 min - Français
    Sujet: Tavernier met en avant les caractéristiques du film, ce qui frappe le spectateur. Il évoque deux collaborateurs de Richard Fleischer, le scénariste Earl Felton et l’acteur principal du film, Charles McGraw.


    * Livret (24 pages) « Richard Fleischer »
    Le livret présente un texte de Philippe Garnier sur Howard Hugues, propriétaire de la RKO de 1948 à 1957 et évoque ses rapports avec Richard Fleischer. De magnifiques storyboards illustrent des passages de L’Enigme du Chicago Express. Bertrand Tavernier parle de Felton, scénariste ayant collaboré avec Richard le réalisateur. S’en suit une fiche technique des trois films de cette édition spéciale, ainsi que des citations de Richard Fleischer.



  •  LES DVD
    2 DVD 9 - PAL - Zone 2 - N&B
    Image & Son :
    Ecran: 4/3
    Langue: Anglais
    Sous-titres: français

BIOGRAPHIE & FILMO DE RICHARD FLEISCHER (1916-2006)

B I O G R A P H I E


Fils d'un des pionniers de l'animation, Max Fleischer, créateur de Popeye et de Betty Boop, Richard Fleischer poursuit un cursus de psychologie avant de rentrer dans le département d'art dramatique de Yale, où il monte une troupe de théâtre appelée "Arena players". En 1942, il rentre dans les studios de la RKO-Pathé à New-York, où il devient monteur des informations diffusées chaque semaine par la compagnie, avant de produire et de diriger ses propres sujets. C'est à cette époque qu'il se fait connaître, notamment avec les Flicker Flashbacks, une série de sketches comiques et muets, qui lui permettent d'accéder au studio de la RKO à Hollywood.

Il signe son premier film en 1946 avec Child of Divorce, puis connaît un grand succès avec des films à suspens, comme Bodyguard qu'il coécrit en 1948 avec Robert Altman, L'Assassin sans visage en 1949, ou L'Enigme du Chicago-Express en 1952, considéré comme un classique de la série B. Il part pour la MGM, et de là pour les studios Walt Disney, qui lui proposent de tourner en 1954 son premier gros budget, 20.000 lieues sous les mers, ce qui lui vaut de passer pour un spécialiste de l'action et de l'aventure. C'est d'ailleurs dans ce genre qu'il s'illustre de nouveau avec une série de films comme Les Vikings en 1958, le péplum Barabbas en 1962, ou encore le film de guerre Tora! Tora! Tora!
en 1972.

Outre l'action, Fleischer tourne des films noir ainsi que des thrillers, comme Les Inconnus dans la ville en 1955, ou L'Etrangleur de Boston en 1968. Le cinéaste s'essaye également à la science-fiction avec tout d'abord Le Voyage fantastique en 1966, puis Soleil vert en 1973. Fleischer crée un style qui lui apporte la renommée, et parfois des échecs. Parmi ces derniers, on peut citer L'Extravagant docteur Dolittle en 1967, ou Che! en 1969.

Dans les années 80, Fleischer tourne quelques films dont on peut retenir, Amityville 3-D (1983), ainsi que le deuxième opus de Conan intitulé Conan le destructeur sur lequel il retrouve le producteur Dino De Laurentiis avec lequel il avait travaillé pour Barabbas. Il publie en 1994 son autobiographie, Just tell me when to cry. Du polar nerveux, au fantastique, en passant par le western, la comédie musicale et le film de guerre, Fleischer a dominé les genres, imposant un style de mise en scène toujours au service de l'action. Il a dirigé un bon nombre de stars comme Kirk Douglas, Robert Mitchum, Charles Bronson ou encore Charlton Heston.
(Source : Allociné)



F I L M O G R A P H I E

1946 : Child of divorce
1947 : Banjo
1948 : Bodyguard
1948 : So this is New York
1949 : Make mine laughs
1949 : L'Assassin sans visage (Follow me quietly)
1951 : Fini de rire (His kind of woman)
1952 : Sacré printemps (The Happy time)
1952 : L'Énigme du Chicago Express (The Narrow margin)
1954 : 20 000 lieues sous les mers (20.000 leagues under the sea)
1955 : La Fille sur la balançoire (The Girl in the red velvet swing)
1955 : Les Inconnus dans la ville (Violent saturday)
1956 : Bandido caballero (Bandido)
1956 : Le Temps de la colère (Between heaven and hell)
1958 : Le Génie du mal (Compulsion)
1958 : Les Vikings (The Vikings)
1959 : Duel dans la boue (These Thousand hills)
1960 : Drame dans un miroir (Crack in the Miror)
1961 : Le Grand risque (The Big gamble)
1962 : Barabbas
1966 : Le Voyage fantastique (Fantastic voyage)
1967 : L'Extravagant docteur Dolittle (Doctor Dolittle)
1968 : L'Étrangleur de Boston (The Boston strangler)
1969 : Che !
1970 : Tora! Tora! Tora!
1971 : L'Étrangleur de la place Rillington (10 Rillington Place)
1972 : Les Complices de la dernière chance (The Last run)
1972 : Terreur aveugle (Blind Terror)
1972 : Les Flics ne dorment pas la nuit (The New centurions)
1973 : Don Angelo est mort (The Don is dead)
1973 : Soleil vert (Soylent green)
1974 : Mister Majestyk
1974 : Du sang dans la poussière (The Spikes gang)
1975 : Mandingo
1978 : Le Prince et le pauvre (Crossed swords)
1979 : Ashanti
1983 : La Force de vaincre (Tough Enough)
1983 : Amityville 3-D
1983 : Conan le Destructeur (Conan the destroyer)
1985 : Kalidor : la légende du talisman (Red sonja)
1989 : Call from Space



                                     

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