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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Commençons
par enfoncer sans vergogne une porte ouverte : la comédie musicale
des années 30 n’a rien à voir avec celle qui s’épanouira
avec magnificence au cours des années 50. Que les amateurs des
productions d’Arthur Freed et des chefs-d’œuvre de
Minnelli sachent que dans Carioca, les numéros musicaux
sont traités comme de purs passages récréatifs
destinés d’abord à agrémenter une intrigue
ultra classique de comédie sentimentale. Symptomatiquement, le couple Astaire/Rogers n’occupe ici qu’un rôle secondaire même si leurs numéros sont déjà diablement bien rôdés (le triomphe de ce film leur permettra par la suite d’être propulsés vers la gloire). Les véritables vedettes de Carioca sont le fade Gene Raymond, qui incarne Roger Bond, un chef d’orchestre volontiers porté sur la gent féminine, et la volcanique Dolores Del Rio dont tombe amoureux Roger. Tout ce petit monde va se retrouver à Rio pour démêler les fils d’une intrigue sentimentale dont je renonce à vous résumer les tenants et aboutissants. Comme je le suggérais plus haut, les morceaux musicaux de Carioca ne s’intègrent pas directement au fil du récit et ne font pas « progresser » l’action. Il n’y a pas cette homogénéité entre la musique et la fiction que l’on retrouvera chez Donen ou Minnelli. Pour employer un mot barbare, le son est quasiment toujours « diégétique » et offre au spectateur l’occasion de voir l’orchestre qui accompagne les morceaux dansés. Même si le réalisateur (le très méconnu Thornton Freeland) commence à s’affranchir des règles des scènes musicales filmées du point de vue unique d’un spectateur assis dans son fauteuil, pas trop loin de la scène (par exemple, dans le très beau ballet aérien final), ces passages musicaux et dansés restent encore relativement hétérogènes à la fiction et n’apparaissent ici que comme pure récréation. Cela nous vaut quand même une féerique chorégraphie effectuée sur des ailes d’avions, un fabuleux numéro de claquettes du grand Fred et un long passage (près d’un quart d’heure) dédié à cette fameuse carioca que plus personne n’ignore depuis que Gérard Darmon et Alain Chabat l’ont remise à la mode dans La cité de la peur ! Le reste relève davantage de la comédie. En 1933, l’Amérique subit le contrecoup de la crise de 1929 et le spectateur veut avant tout se divertir, fuir le quotidien. Carioca lui offre tout ce qu’il peut désirer : de la fantaisie, du piquant, du rythme et de l’exotisme (on s’évade vers cette Amérique du sud édénique et ses danses sensuelles). 75 ans plus tard, le film a conservé un charme fou : sa réalisation est soignée et sans temps mort, le duo Ginger et Fred commence à faire merveille, les morceaux musicaux sont de qualités et le tout est nimbé de cette épice « sensuelle » qui caractérise fort bien un genre qui sut profiter de « l’excuse » de la danse pour mettre en valeur les corps et déjouer, de fait, les restrictions pudibondes du code Hays. Carioca est l’exemple parfait de la sucrerie à laquelle il est difficile de ne pas succomber... Vincent Roussel |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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