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| LA
MAISON DE BAMBOU |
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| SYNOPSIS |
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Au Japon, au pied du Mont Fuji, un homme est tué lors de l'attaque d'un train de munitions. Eddie Spanier, un américain fraîchement débarqué, décide de mener sa propre enquête en essayant de survivre, tant bien que mal, dans les bas-fonds de la ville. Brutal et infatigable, il fait tour à tour la rencontre de la sublime Mariko puis de Sandy Dawson, un homme à la personnalité ambiguë et à la tête d'une organisation secrète... |
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| POINT DE VUE | |||||
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La démarche de Fuller, d’ailleurs, a des ambitions réalistes et lorgne du côté du documentaire. Avant le début du tournage, il effectue trois semaines de repérages avec ses principaux collaborateurs, dont le scénariste Harry Kleiner et le directeur de la photographie Joe Mac Donald (2), et s’inspire de certains lieux pour réécrire des scènes – l’impressionnante traque du Luna-Park, notamment. Ensuite, il n’hésite pas à filmer la foule nippone à son insu dans les ruelles de la cité(3), mettant en péril la vie de l’acteur Robert Stack, que les commerçants prennent pour un véritable voleur. Encore, il s’attache à décrire fidèlement un pays en pleine mutation, où les mœurs ancestrales côtoient les avancées occidentales. Preuve en est la sublime séquence du bal, où les sévères geishas quittent brusquement leurs précieux atours pour entamer un rock’n’roll endiablé. « Ce que je veux faire », disait Fuller à propos de son film, « c’est cela : la perpétuelle rencontre entre l’Orient et l’Occident(4) ». Et une fois balayés les clichés poussiéreux, il peut introduire de façon subtile dans le scénario certains thèmes qui lui sont chers. L’ambiguïté est de mise et les apparences sont trompeuses, à l’image de cette cloison qui se déchire pour dévoiler une pièce pleine de gangsters. Aussi se méfie-t-on du protagoniste, ce soldat infiltré sous le nom d’Eddie Spanier, dont on ne sait si le rôle violent qu’il joue ne l’a pas emporté sur sa véritable identité. La cruauté et la lâcheté de sa mission ne le rendent que plus antipathique. Au contraire, on lui préfère presque le chef de gang Sandy Dawson, dont les intentions bien que malhonnêtes ne sont pas dissimulées. La profondeur de ce personnage, par ailleurs, relève de son homosexualité latente. On décèle des allures d’amours viriles dans les rapports entre Sandy et les autres hommes. Surtout, lorsqu’il crible de balles son ancien protégé au bain, le gangster ne peut s’empêcher de le questionner ensuite, comme l’aurait fait un amant trompé. Fuller l’a clairement revendiqué : « Quand il tue son complice qu’il prend pour un traître, je voulais une scène d’amour entre eux. Une scène d’amour avec un homme mort. (…) Il prend le mort par les cheveux, comme dans une caresse. Il lui dit : « Pourquoi m’as-tu fait ça ? » C’est une scène de violence et d’érotisme entre deux hommes(5) ». Autre indice essentiel, Sandy va jusqu’à bafouer la règle primordiale du gang – qui veut que les blessés soient achevés pour ne pas trahir – en épargnant la vie d’Eddie Spanier lors d’un cambriolage. La passion naissante l’a emporté sur la loi du groupe, mais elle fragilise Sandy et l’expose à de terribles sentences. Finalement, Fuller transcende le polar banal qu’aurait pu être La Maison de Bambou en donnant une épaisseur à ses personnages, tous parias – le traître, l’homosexuel, le délaissé – et excelle dans la mise en scène par des cadrages précis et des mouvements de caméras très réfléchis – le travelling arrière lorsque Eddie vient interroger des danseuses sur le toit d’un immeuble, par exemple. Rien n’est laissé au hasard, et il y a bon nombre de portes à faire coulisser et de rideaux à tirer, avant de pénétrer complètement le mystère de cette Maison de Bambou.
(1) Keighley, William, The Street with No Name, Twentieth Century Fox, USA, 1948. (2) Fox, n° 387, Paris, 15 novembre 1954. (3) « Maison de Bambou », Documentation pour la Presse, Twentieth Century Fox, Paris, 1956. (4) Fox, n° 446, Paris, 30 janvier 1956. (5) Fuller, Samuel, Il était une fois… Samuel Fuller, Cahiers du Cinéma, 1986, Paris, p. 200. |
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| FICHE TECHNIQUE | |||||
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| BAÏONNETTE
AU CANON |
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| SYNOPSIS | |||||
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Les
années 50. La guerre de Corée. Le colonel Rock, le commandant
Gibbs et le caporal Lonergan guident un petit groupe de soldats censés
servir d’appâts pour mission de diversion. Mourir ou retrouver
son sens de l’héroïsme, tel est le dilemme posé
à ces “Maillon faible“ du bataillon.
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| FICHE TECHNIQUE | |||||
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| LE
DÉMON DES EAUX TROUBLES |
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| SYNOPSIS | |||||
| Un scientifique célèbre, sa fille, un ancien militaire haut gradé de l’armée Américaine et son équipe de casses-cous se retrouve au Japon pour effectuer une mission civile secrète dont le but vise à mettre fin aux activités nucléaires du nouvel ennemi : La Chine communiste. | |||||
| FICHE TECHNIQUE | |||||
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| POINT DE VUE SUR LES 2 FILMS | |||||
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Contrairement
à pas mal de films de guerre de l’époque, intrinsèquement
(pour ne pas dire génétiquement) patriotiques, les films
de guerre de Sam Fuller exaltent toujours les destins individuels au
mépris d’une certaine idée du “destin de la
nation“. Baïonnette au canon et Le démon
des eaux troubles, tous deux produits sous l’égide
de la 20Th Century Fox sont symptomatiques de ce parti pris, même
si leurs styles diffèrent radicalement. Baïonnette au canon et son noir et blanc et son format rectangulaire, Le démon des eaux troubles et son scope en technicolor, deux façons de discourir autour d’une même morale: La guerre est une affaire d’hommes, pour peu qu’ils acceptent de s’élever “à hauteur d’hommes“. Fordien en diable, donc. Ceux qui connaissent le film Falkenau : Samuel Fuller témoigne (de Emili Weiss / 1988) savent que la transmission de l’expérience de la guerre à travers ses films n’est pas une posture ou un jeu de supposition. Avec les images du camp de la mort de Falkenau comme image originelle, l’œuvre tout entière de Fuller ne pouvait que suer d’une prégnante authenticité. Même dans un Baïonnette au canon aux décors pourtant plus faux que nature. Emballés avec classe et précision, ces deux films sont pourtant assez éloignés de l’image traditionnelle qu’on se fait habituellement du film de guerre. Drame héroïque intimiste de série pour l’un, film d’espionnage budgétairement plus ambitieux pour l’autre, Fuller semble sans arrêt slalomer entre les passages obligés du genre (et se révèle plutôt bon skieur) et parvient quasiment toujours à nous livrer cinématographiquement ce que la scène portait en elle de mieux sur le papier. Le talon d’Achille des deux films se trouve ainsi du côté de l’écriture scénaristique. Quelques lourdeurs dans l’évolution de certaines situations viennent parfois un peu ramollir le plaisir, l’une des plus flagrantes étant cette histoire d’amour improbable et pauvrement exploitée entre le Capitaine et la jeune scientifique dans Le démon des eaux troubles. En bref, pas de quoi affoler le cinéphile glouton qui sera sans aucun doute ravi de mettre la main sur deux films de Fuller peu visibles, pas essentiels, mais assez généreux et intelligemment emballés pour titiller notre curiosité. Les plus grincheux trouveront certainement la morale de ces deux films potentiellement détestable («devenir un homme est un parcours jonché de sacrifices»), mais juger ces films d’un point de vue moral reviendrait à ignorer quelle époque les a engendrés et la part de foi qui y sommeille. Fabien Thévenot |
LE DÉMON DES EAUX TROUBLES
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