)))  COFFRET JORIS IVENS
      / 3 DVD

     
   
VOLUME 2 : 1946 - 1988
 

  • Documentaire - 1946 à 1988 - Pays-Bas
  • Sortie à la Vente en DVD le 04 mars 2009
  • Éditions Arte

POINT DE VUE

Pour la plupart des cinéphiles, le nom de Joris Ivens est essentiellement associé à un documentaire mythique tourné en pleine guerre d'Espagne et, éventuellement, à Une histoire de vent (1988), dernier film d'un homme de 90 ans qui allait s'éteindre un an plus tard. Bénéficiant dans les années 60 d'une certaine aura (et de farouches adversaires : "Joris Ivens qui, n'ayant filmé tout au long de sa carrière que de la pluie, des ponts, de la boue, du maïs et des bennes se trouve être le cinéaste officiel de l'Europe de l'Est", François Truffaut, 1956), l'oeuvre du documentariste est peu diffusée, sans doute à cause de son militantisme que l'on juge d'une autre époque. L'initiative d'Arte de sortir deux coffrets dvd couvrant l'essentiel de la production du cinéaste hollandais est donc à saluer. Le deuxième volume du coffret Joris Ivens couvre 40 ans de travail au service du documentaire et nous fait voyager aux quatre coins du monde, jamais en touriste mais toujours en témoin.

Du tract au poème
Nous retrouvons Ivens à la sortie de la guerre aux Antipodes. L'Indonésie appelle est un court film-tract relatant la lutte des dockers indonésiens travaillant dans les ports australiens et organisant le blocage des navires hollandais. L'Indonésie avait profité de la fin du conflit mondial pour proclamer son indépendance. Pour les natifs de l'archipel, il était donc primordial de contrer toute tentative de reprise en main militaire pas les anciens colonisateurs. Ivens nous montre le rassemblement des forces ouvrières, l'organisation du blocus et l'aide internationale apportée par les syndicats. Les informations sont classiquement amenées par un commentaire, qui laisse cependant la place à des discours enregistrés sur place ou à la post-synchronisation pour certaines séquences. Ce nouvel usage de la parole apporte un surcroît de réalisme, bien que celui-ci soit d'un autre côté entamé par d'évidentes reconstitutions. L'efficacité du film est quelque peu lénifiante et son esthétique ne l'élève guère au-dessus du simple reportage.


Avec La Seine a rencontré Paris, le militantisme est mis en veilleuse pour se tourner vers la pure poésie du réel. Cette ode fluviale est un régal pour les yeux puisque bénéficiant d'une magnifique photographie et d'un sens très sûr du cadrage, jusque dans les captations à l'improviste de ces trains et autres voitures croisant sur les ponts la ligne tracée par le bâteau-caméra. Quoi de plus fluide qu'un travelling glissant sur l'eau, qu'il soit avant ou latéral, captant la vie des berges ? Exerçant son oeil de peintre et d'architecte, Ivens double le plaisir de la composition plastique par celui du mouvement. Mouvements d'appareils et mouvements des corps. Car tout autant que le fleuve, c'est l'activité humaine qui se développe autour qui intéresse le documentariste. Les instants volés aux passants ou aux travailleurs peuvent passer parfois pour du pittoresque, mais il faut voir comment la vie s'y glisse, grâce à ces brefs regards-caméra, ces discussions que l'on devine animées, ce labeur lesté tant de noblesse que de pénibilité. La narration se cale sur une journée, d'une aube à l'autre, comme le poème de Prévert, lu par Serge Reggiani, englobe toute une vie. Ivens s'accorde avec le poète pour célébrer les enfants, les travailleurs, les vieillards, les pêcheurs, les clochards et surtout les amoureux. Charmant, drôle et inventif, La Seine a rencontré Paris a reçu le Grand Prix du court-métrage à Cannes en 1958.


Plus admirable encore, ... À Valparaiso est la pépite de ce deuxième coffret. Valparaiso, ville du Chili, coincée entre la mer et les collines : Ivens a une nouvelle fois le génie du lieu et tire toutes les possibilités de cette cité verticale où tout s'organise en va-et-vient entre haut et bas, via les multiples escaliers et ascenseurs téléphériques. Ce portrait d'une ville et de ses habitants, il le trace au rythme d'un montage d'une grande modernité (jouant du coq à l'âne, libérant quelques notations humoristiques...) et l'encadre comme à son habitude par un commentaire. Mais le ton a évolué. Nous sommes en 1963 et les cinémas de Resnais et de Marker sont bien passés par là, se dit-on, jusqu'à ce que le générique de fin nous confirme la participation de ce dernier. Le texte est en effet signé par l'auteur de La jetée, qui apporte son regard en apparence plus détaché mais pas moins intense ni pertinent et qui permet à Ivens de mêler idéalement au sein d'une même oeuvre la démarche militante et l'ambition poétique. Le discours se fait ainsi moins directif et, sans perdre ses qualités d'organisation, la mise en scène est elle aussi plus libre, le tout rendant possible le maintien d'une force de conviction sans les oeillères de la propagande. Ce très grand documentaire se charge de plus, dans sa dernière partie, d'une certaine émotion lorsque l'on voit le cinéaste passer sous nos yeux, pour la première fois et à l'intérieur même de son film, à la couleur, au moment d'aborder l'histoire de ce peuple chilien, par le biais de l'art.


La collaboration avec Chris Marker s'est poursuivie avec Rotterdam-Europort, essai-filmé sur la grande cité industrielle hollandaise. Le rythme du documentaire se calque sur celui de la ville : constamment en mouvement, bruyante, envahie par les fumées des cheminées d'usine. Les changements de plans sont brusques et rapides, le texte (dit par Yves Montand) relativement obscur. L'aspect décousu est également accentué par l'intrusion de la fiction (l'apparition du Hollandais volant, personnage mythique), contaminant le regard porté sur la réalité et complexifiant encore une oeuvre assez ardue.

Avec Pour le mistral, Ivens continue dans cette voie de l'essai. Survolant la Provence, il tente de filmer le vent, sa trace et ses effets. Le commentaire, poétique, climatique et géographique est l'un des moins heureux de l'oeuvre d'Ivens, par sa tendance à alourdir les images. Les paysages défilent et l'ennui pointe son nez. C'est la présence humaine qui réhausse l'intérêt : quelques paysans au travail et des passants luttant chacun à leur manière contre les bourrasques balayant les rues lors d'une délicieuse séquence. Au deux tiers de ces trente minutes un peu longues, le cinéaste nous refait le passage à la couleur. Dans ...A Valparaiso, le basculement esthétique était lié à l'arrivée du thème du sang alors qu'il manque ici une justification.


Du témoignage au testament
Ces diverses expériences cinématographiques n'empèchent pas Joris Ivens de continuer à combattre par caméra interposée. Réalisé en 1968, Le 17ème parallèle est un document essentiel sur la guerre du Vietnam par l'immersion à laquelle s'est adonné le cinéaste, pendant deux mois, au sein de la population de Vinh Linh, petite ville du Nord située tout près de la ligne de démarcation et donc des bases américaines. Les bombardements incessants détruisent les habitations, les rizières et les routes, qui sont aussitôt remises en état. Un impressionnant réseau souterrain est construit, le plus souvent par les femmes. Minh, la responsable locale de la sécurité est d'ailleurs la figure principale du film. Ivens décrit patiemment tous les faits et gestes de cette population de paysans et de défenseurs (râteau à la main et fusil en bandoulière), des plus anodins aux plus engagés. De la durée et de la répétition naît la vision précise d'un peuple en résistance : Le 17ème parallèle montre ainsi parfaitement ce sur quoi la puissance américaine se casse les dents. Sans musique, la bande-son est saturée du bruit des avions yankees, le danger venant du ciel. On trouve dans le film peu d'images spectaculaires, noyées qu'elles sont dans celles consacrées à l'attente ou au travail quotidien d'une vie en temps de guerre et le commentaire est parcimonieux, s'équilibrant avec le son enregistré sur place. Ivens tient l'émotion à distance avant un finale (capture d'un soldat US, mots d'enfants) relayant la promesse calme mais ferme qui émane d'un peuple debout.


Après plusieurs documentaires vietnamiens, Joris Ivens et sa compagne Marceline Loridan se lancent au début des années 70 dans un projet ambitieux, celui de Comment Yukong déplaça les montagnes, soit 12 films de durées variables (de 15 minutes à 2 heures) consacrés à la société chinoise contemporaine. Deux épisodes sont proposés dans ce coffret. Sur un plan technique, on note tout d'abord la révolution qu'apporte l'usage du son direct. Bien sûr, cadrage et montage résultent toujours d'un choix mais la synchronisation de l'image et du son sur toute la durée semble permettre d'atteindre un niveau supérieur du réel. Suivant l'évolution logique, le commentaire n'est plus surplombant mais se fait personnel (employant le "nous" du couple de réalisateurs) et accompagne le spectateur plus qu'il ne le guide. Ce dernier se sent donc plus libre, impression redoublée par le calme du montage et cela malgré le cadre idéologique. Car l'idéologie est ici comme mise à nu. Devant ce peuple chinois sortant de la Révolution Culturelle, plus que la reprise régulière et naturelle de slogans politiques, le plus surprenant pour nous est cette tendance irrépressible à l'auto-critique en public. Que la caméra soit braquée sur une salle de classe, une pharmacie ou vers la rue, il y a dans Yukong une dimension d'exemplarité qui se développe sous le regard bienveillant d'Ivens et Loridan. Les contradictions ne sont pas extirpées par les auteurs, elles sortent d'elles-mêmes de la bouche des hommes et femmes cotoyés. Le nez sur le quotidien, il n'y a certes pas de "recul" politique ici. Mais cette écoute attentive permet de saisir sur la durée l'âme d'un peuple et de comprendre bien des rouages d'une société mal connue.


A la fin des années 80, très diminué, Joris Ivens arrive au bout du voyage. Marceline Loridan le fait passer de l'autre côté de la caméra : un vieil homme de 90 ans repart en Chine afin de filmer (à nouveau) le vent. Entre imagerie de contes et extraits d'anciens films, entre captations documentaires et petites fictions, entre symphonie de paysages et décors de carton-pâte, Une histoire de vent est un patchwork avançant par associations d'idées. Si le fil conducteur est bien celui du vent (donnant d'ailleurs prétexte à de superbes vues, magnifiées par la belle musique de Michel Portal), le périple est autant géographique qu'autobiographique et offre à Ivens l'occasion de réfléchir sur son propre cinéma. A cet égard, la plus belle scène du film nous le montre, tenant une perche et un micro, en train d'enregistrer le vent et de capter, en même temps, des bribes de conversations dans toutes les langues possibles, métaphore parfaite de son travail et du but qu'il a poursuivi pendant cinquante ans. Plus étonnant encore, cet essai kaléidoscopique, inégal mais émouvant, est réalisé avec humour, en particulier lorsqu'il s'agit de revenir sur la méthode Ivens et ses petits arrangements possibles avec la réalité. Il faut certes connaître suffisamment son oeuvre pour goûter pleinement la saveur de ce dernier fruit, faute de quoi quelques séquences paraîtront particulièrement incongrues (telle cette reconstitution kitch et théatrâle des grandes heures de la Révolution Culturelle). Toutefois, lorsque l'on a suivi le parcours de l'homme, on ne peut que se réjouir de cette malice de vieux sage qui, sans renier ses engagements passés, montrant avec humour l'envers des choses, semble nous dire que la transparence n'est jamais totale mais aussi que sous la propagande peut cheminer la vérité.


Une histoire de vent est donc une oeuvre singulière et un testament idéal car tendu vers la vie. Ses facettes en sont multiples, à l'image de l'oeuvre entière de Joris Ivens, trop souvent réduite au reportage. Une carrière exemplaire, voilà ce qui se dégage du panorama. Non dans le sens d'une qualité supérieure de chaque opus, mais bien dans celui de l'accompagnement de l'histoire du documentaire sur plus d'un demi-siècle, épousant son évolution formelle, la devançant parfois.




Edouard Sivière


 



LIRE AUSSI
COFFRET IVENS VOL 1
 
LES FILMS

 

  • DVD 1 / 1946 -1966

    L’Indonésie appelle
    Australie – 1946 – 22 min – N&B – 35mm.
    VO anglaise – sous-titres français
    La grève des dockers indonésiens pour réclamer l'indépendance de leur pays.

    La Seine a rencontré Paris
    France – 1957 – 32 min – N&B – 35mm.
    VO française
    La Seine à Paris, ses quais peuplés des rencontres et des solitudes, ses ponts d'où les amoureux regardent couler le fleuve, ses abords où s'affairent ou se reposent les Parisiens. Un chef d’œuvre de poésie avec la collaboration de Jacques Prévert.
    Grand Prix du court-métrage à Cannes en 1958.


    … à Valparaiso
    Chili / France - 1963 – 26 min – N&B et couleur – 35mm.
    VO française et espagnole – sous-titres français
    Au départ, … à Valparaiso était un exercice d’étudiants chiliens sous la direction de Joris Ivens. Le réalisateur a associé ses élèves à son travail. Le film est devenu une œuvre remarquable et une superbe analyse du phénomène urbain dans laquelle coexistent poésie et militantisme.

    Rotterdam – Europort
    Pays-Bas / France – 1966 – 20 min – couleur – 35mm.
    VO française et néerlandaise – sous-titres français
    Un regard peu commun sur le port de Rotterdam. Aux images d'un port actif, frontière de l'Europe, sont ajoutées celles du « Hollandais Volant », personnage de légende qui revient dans son pays après quatre siècles d'absence ».

    Pour le Mistral
    France – 1966 - 30 min - N&B et couleur – 35 mm – cinémascope.
    VO française
    Documentaire-poème sur le fameux vent provençal dont Joris Ivens parvint à montrer le souffle, la force et la malice…


  • DVD 2 / 1968 - 1976

    Le 17ème parallèle
    France – 1968 – 113 min – N&B – 16mm.
    VO française et vietnamienne – sous-titres français
    Vie quotidienne en temps de guerre, sur le dix-septième parallèle, dans la zone « démilitarisée » qui sépare le Nord du Sud Vietnam. Joris Ivens et Marceline Loridan ont vécu pendant deux mois la vie de ces paysans réfugiés dans les caves, cherchant à maintenir les gestes d’une vie normale.
    Ce film est l’un des plus importants tournés sur la guerre du Vietnam.

    Comment Yukong déplaça les montagnes : Une histoire de ballon. Lycée N°13 Pékin
    France – 1976 – 19 min – Couleur – 16mm.
    VO française
    « Les héros du film sont une classe d'élèves de 13 ans environ et leur professeur. Un petit scandale vient d'éclater. La cloche ayant sonné, un professeur a demandé à un groupe d'élèves de cesser de jouer au ballon, mais un élève a envoyé le ballon en direction du professeur. Toute la classe se réunit pour discuter du problème. La discussion animée porte sur la nature du jeu, des sports, de la passion, puis s'élargit. On parle responsabilité, idéologie, politique… »
    Joris Ivens, juin 1982.

    Comment Yukong déplaça les montagnes : La pharmacie N°3 : Shangai
    France – 1976 – 79 min – Couleur – 16mm.
    VO française
    Au cœur de Shangai, la pharmacie N°3 : « Ici on comprend vraiment ce que signifie profondément pour les chinois « servir le peuple », avec tout ce que ce « slogan » peut signifier d'attention et de présence pour les autres... »
    Joris Ivens, juin 1982.


  • DVD 3 / 1980 - 1988

    Une histoire de vent
    France – 1988 – 77 min – Couleur – 35 mm.
    VO diverses – sous-titres français
    Un vieil homme, seul sur une dune de sable, attend le vent. Cet homme n’est autre que Joris Ivens lui-même qui se met en scène pour filmer l’invisible.


  • BONUS DVD 3



    * Cinemafia
    France – 1980 – 33 min – Couleur – 16mm. Réalisation : Jean Rouch
    Jean Rouch filme deux de ses amis et aînés en cinéma : Joris Ivens et Henri Storck

    Notre avis : Ce bonus consiste en une conversation à trois et à bâtons rompus, enregistrée par Jean Rouch et offerte dans la continuité, sans aucun montage. Répondant aux questions de leur ami et collègue documentariste, Joris Ivens et Henri Storck évoquent la présence de la mer dans leurs oeuvres, leur unique réalisation commune (Borinage, en 1934) et leur admiration partagée pour Flaherty. La ballade de ces trois copains, enregistrée le plus naturellement possible, a le charme des vieux souvenirs émus. ES


    * Témoins : Joris Ivens
    France – 1983 – 60 min – Couleur – vidéo. Réalisation : Robert Destanque
    VO française
    Entretien avec Joris Ivens.

    Notre avis : Un long entretien avec Ivens abordant de manière assez complète sa riche carrière. On retient tout d'abord l'émotion avec laquelle il parle de Terre d'Espagne, sa première expérience de guerre et sa plus grande satisfaction cinématographique. Il explique sa recherche perpétuelle d'un cinéma naviguant entre militantisme et oeuvre d'art, reconnaissant avoir été parfois un peu trop loin dans un sens ou dans l'autre et il revient à plusieurs reprises sur son attachement à une certaine utopie communiste, née de l'espoir immense ressenti à la fin de la première guerre mondiale. A noter qu'il faut bien tendre l'oreille, le son n'étant pas de très bonne qualité. ES


    * Joris Ivens digital
    Pays-Bas – 20 min – Couleur – Vidéo. Réalisation : Rens van Meegen
    VO néerlandaise – sous-titres français
    La restauration des films de Joris Ivens et l’aventure de l’édition en DVD de son œuvre.



LES DVD
NTSC - Toutes zones / Noir & blanc et couleurs/ Stéréo et Mono / 4/3
Langues audio : anglais, français
Langue sous-titres : kurde
Durée total du Dvd : 530min.
Tous publics



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BIOGRAPHIE & FILMOGRAPHIE DE JORIS IVENS (sources Wikipedia)


BIO


Joris Ivens est un réalisateur néerlandais, né le 18 novembre 1898 à Nimègue aux Pays-Bas et décédé le 28 juin 1989 à Paris. Il est enterré au cimetière Montparnasse.

Il suit les cours de l'Ecole Supérieure d'Economie de Rotterdam et participe très activement au manifeste de la Filmliga d'Amsterdam. Il est influencé par les oeuvres de Dziga Vertov, Eisenstein et Robert Flaherty. Répondant à une invitation de Vsevolod Poudovkine, il effectue en 1930 une tournée de plusieurs mois en U.R.S.S. où il présente ses films.
En 1933, il réalise avec Henri Storck le documentaire militant Misère au Borinage qui dénonce la misère des mineurs et la sauvagerie de l'exploitation prolétarienne au Borinage et qui sera interdit de projection publique pendant plusieurs années.
Grand nom du cinéma documentaire surnommé le "Hollandais volant", portant un regard parfois militant sur le développement et ses inégalités, il a consacré ses derniers films à la Chine.
Il existe depuis 1990 une Fondation européenne Joris-Ivens à Nimègue.
Joris Ivens a été lauréat du prix international de la paix en 1954 et du Prix Lénine pour la paix en 1968.
Il était marié à la cinéaste Marceline Loridan-Ivens, sa collaboratrice pour de nombreuses réalisations.


FILMO

Longs métrages
* 1930 : Zuyderzee
* 1931 : Philips Radio ; Creosot
* 1933 : Misère au Borinage réalisé avec Henri Storck
* 1935 : The Reichstag Fire
* 1937 : Terre d'Espagne
* 1939 : The Four Hundred Million
* 1940 : The Power and the Land
* 1942 : Our Russian Front
* 1943 : Action Stations
* 1946 : Indonesia Calling
* 1949 : Les premières années (Pierwze Lata)
* 1951 : La paix vaincra (My za Mir)
* 1952 : Weltjugendfestival
* 1954 : Le chant des fleuves (Das Lied der Strome)
* 1956 : Les aventures de Till l'espiègle
* 1957 : La Seine a rencontré Paris
* 1960 : L'Italie n'est pas un pays pauvre (L'Italia non è un paese povero)
* 1960 : Demain à Nanguila
* 1961 : Carnet de viaje ; Pueblo en armas
* 1965 : Viêt Nam
* 1967 : Loin du Viêt Nam (coréalisation)
* 1968 : Le dix-septième parallèle
* 1968 : Le peuple et ses fusils (coréalisation)
* 1969 : Rencontre avec le président Hô Chi Minh
* 1973 : Chine
* 1976 : Comment Yukong déplace les montagnes (6 parties)
* 1988 : Une Histoire de vent

Courts métrages
* 1928 : Le Pont
* 1929 : Pluie
* 1932 : Komsomol ou le chant des héros
* 1963 : À Valparaiso
* 1963 : Le Petit Chapiteau
* 1966 : Europort