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S 21, LA MACHINE DE MORT KHMÈRE ROUGE
de
Rithy PANH
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- Documentaire
- 2004
- 1h41 (+ 30'
de bonus)
- Sortie
à la Vente en DVD le 19 octobre 2004
Editions
Montparnasse
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Prix de vente conseillé : 19,90€
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SYNOPSIS
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Au
Cambodge, les Khmèrs rouges prennent le pouvoir le 17 avril
1975. Camps de travail forcé, famines, terreur, exécutions...
près de 2 millions de personnes meurent entre 1975 et 1979.
Sous les Khmèrs rouges, S21 était le "bureau de
la sécurité". Dans ce centre de détention
situé au coeur de Phnom Penh, près de 17.000 prisonniers
ont été torturés, interrogés puis exécutés.
Ce film tente de comprendre comment l'Angkor, le parti communiste
du Kampuchéa, a mis en oeuvre sa politique d'élimination
systématique.
Pendant près de 3 ans, Rithy Panh a entrepris une longue enquête
auprès des rares rescapés, mais aussi auprès
de leurs anciens bourreaux et a convaincu les uns et les autres de
revenir sur le lieu même de l'ancien S21, reconverti en musée
du génocide, pour confronter leurs témoignages.
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| POINT
DE VUE |
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| Une
vieille femme fait la toilette d'un petit enfant puis le remet dans
les bras de son père. C'est ainsi que s'ouvre le film de Rithy
Panh. Image quotidienne de la vie qui s'écoule dans les quartiers
de la capitale du Cambodge, en cette année 2003. Image inoffensive.
Et pourtant, ce brave père de famille, seulement 30 ans en arrière,
était un "simple tortionnaire" Khmer rouge qui officiait
au camp de détention S21.
À l'image de cette séquence, le film de Rithy Panh est
un perpétuel déchirement entre une réalité
calme, paisible sous laquelle bouillonne un passé terrifiant
qui remonte à la surface. 
Rithy Panh réussit ce pari périlleux de faire dialoguer
bourreau et victime. Le peintre Vann Nath, un des rares rescapés
du camp de torture, accepte de revoir ses anciens bourreaux pour tenter
de comprendre, avec eux, le mécanisme de la machine de mort instaurée
par l'Angkar. Pas d'animosité entre les hommes mais un malaise
permanent. Pourquoi acceptent-ils de témoigner ? Soulager leur
conscience, purifier leur karma ou se justifier de n'avoir été
eux-mêmes que les victimes d'un engrenage ?... la réponse
est complexe et l'habileté du film est d'éviter deux travers
quand on fait un film sur l'ennemi: le juger et le rendre aimable.

Pourtant Rithy Panh emploie une méthode proche de celle d'un
procès et sa mise en scène a quelque chose du mécanisme
implacable de la justice. Il met les anciens khmers rouges face à
leurs actes, en exhumant des preuves irréfutables (documents,
photos, compte-rendu d'interrogatoires), en les confrontant à
leurs victimes ou en les poussant à reproduire les gestes du
passé telle une reconstitution policière. Mais Rithy Panh
ne se substitue pas aux juges, il ne traque pas une vérité
historique ni ne condamne des hommes. Son film fait avant tout oeuvre
de mémoire pour son pays (ce qu'il revendique) et oeuvre universelle
en mettant à jour la complexité de l'âme humaine
et son extraordinaire facilité à commettre un crime. Par
faiblesse, par lâcheté, par ignorance, par habitude.
Pas d'images chocs, ni de scènes sanglantes de la guerre du Cambodge
dans S21.
Les détails d'un témoignage suffisent à révéler
l'horreur. 
Le premier explique comment le directeur du camp établissait
chaque matin la liste de ceux qui seraient exécutés avant
la tombée de la nuit. Un autre raconte qu'à 11heures,
les enfants étaient enlevés aux mères qui devaient
être envoyées en fin d'après-midi au champ d'exécution.
Him Houy, un des adjoints à la sécurité explique
comment ils préparaient les convois en évitant de mettre
dans une même voiture le mari et la femme car, malgré leurs
yeux bandés, ils risquaient de se reconnaître par la voix.
Prak Khan, un spécialiste des interrogatoires se défend
en disant qu'il faisait partie des "gentils" tortionnaires...
car il y avait trois catégories: les "gentils", les
"chauds" et les "mordants". "Que ressentais-tu
quand tu torturais ?" lui demande Rithy Panh. À
cette mémoire des mots s'ajoute la mémoire du corps. Un
ancien gardien reproduit, 25 ans après le drame, avec une précision
sidérante, chaque geste de ce rituel qu'était la visite
des cellules. On a le sentiment troublant d'être au théâtre.
Est-ce lié à la mise en scène même de
Rithy Panh qui tournait parfois jusqu'à 30 prises d'une
même scène pour extraire une parole ou un geste ? Quoiqu'il
en soit, cette neutralisation des sentiments, cette distance qu'il instaure
permet de mettre à jour le mécanisme d'une pensée
totalitaire, ce qui n'avait peut-être jamais été
fait auparavant ?
Laurent Devanne
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LE
FILM
Sortie en salles le 11 Fevrier 2004
Sélection officielle du Festival de Cannes 2003
Réalisation: Rithy Panh
Directeur de la photographie: Prum Mésar & Rithy
Panh
Ingénieur du Son : Sear Vissal
Montage : Marie-christine Rougerie & Isabelle Roudy
Assistants à la réalisation : Then Nan Doeun
& Roeun Narith
Régie : Ros Sareth
Musique originale : Marc Marder
Montage son et mixage : Myriam René
Direction de Production : Liane Willemont & Aline Sasson
Distributeur : Ad Vitam
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- LE
DVD
DVD
5 - PAL -Zone 2
Image & Son : N&B et Couleur
Ecran:
4/3
Son: Dolby Digital
Langue: cambodgien sous-titré français
Durée du film: 1h41
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- BONUS
(30')
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Conversation
entre Christian Boltanski & Rithy Panh (15')
Artiste français, Christian Boltanski s’interroge
depuis 30 ans sur la mémoire collective, notamment de la Shoah.
Avec Rithy Panh, il revient sur le droit, le devoir et la capacité
de parler de l’innommable.
*
Conversation
entre Bertrand Tavernier & Rithy Panh (15')
Avec le cinéaste français Tavernier,
Rithy Panh raconte son travail de préparation, ses choix de
réalisateur, et la rencontre entre les deux rescapés
de S21, Nath et Mey, qui lui donna l’idée de confronter
victimes et bourreaux.
* Un Livret
fourni (20 pages) autour de S21 en collaboration avec
Le Monde incluant:
- une chronologie des évènements au
Cambodge depuis son indépendance en 1953.
- un texte de Thérèse-Marie Deffontaines
- un long entretien (7 pages) avec Rithy Panh par Catherine Humblot
- un texte de Jean-Luc Douin
- une filmographie de Rithy Panh
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| CHRONOLOGIE
DU CAMBODGE |
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1941 Le Prince Norodom Sihanouk accède au trône
1953 Il obtient l’Indépendance
du Cambodge
1970 Coup d'état
du Général Lon Nol (anti-communiste et soutenu par les américains)
qui renverse le Roi Sihanouk et instaure la République .
Début d'une guerre civile. 1975 –1979
7 avril 1975, Pol Pot, chef des Khmer Rouge, proclame l'"Année
zéro" et transforme le Cambodge en une coopérative
agraire maoïste.
Le gouvernement des Khmers rouges impose un régime totalitaire,
soutenu par la Chine, visant à éliminer toute opposition
conre-révolutionnaire, les intellectuels Khmers sont éliminés
en priorité.
De même, comme il est impossible de contrôler une ville et
ses éventuels noyaux d’opposition, les villes sont évacuées.
L'Angkar, nom de l'organisation des Khmers rouges appelée aussi
"Kampuchéa Démocratique" décide que l'argent
n'a plus de valeur et abolit la propriété individuelle.
Fermeture des frontières, collectivisation des terres, élimination
des personnes liées à l'ancien régime, vagues de
purges internes au Parti. Les déplacements des populations et la
désorganisation des campagnes entrainent de gigantesques famines.
Durant ces 4 années sous le régime du Kampuchéa Démocratique,
près de 2 millions de personnes meurent.
Les Khmèrs rouge tentent d'envahir le Vietnam. Début de
la guerre avec le Vietnam.
1979
Chute des Khmèrs Rouges suite à la prise de Phnom Penh par
les Vietnamiens le 7 Janvier 1979 et début de l'occupation vietnamienne
qui durera 10 ans (1989).
Depuis le 5 juillet 1997,
c’est le Premier Ministre Hun Sen qui occupe seul le pouvoir. Il
est chargé d’emmener le Cambodge vers la démocratie
mais il n’a cessé depuis lors de manifester de fortes réticences
– et c’est un euphémisme – à l’égard
de toutes les forces d’opposition…
Parmi son gouvernement, on retrouve d’anciens chefs historiques
khmers rouges, Khieu Samphan et Nuon Chea…
Le 22 Janvier 2004, Chea
Vichea, 36 ans, à la tête d'un syndicat ouvrier indépendant,
le plus important du Cambodge avec près de 40 000 adhérents
est assassiné en pleine rue.
Un tribunal à composante internationale devrait commencer en 2005
le procès des derniers dirigeants khmers rouges… |
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