)))  LA RÈGLE DU JEU     / DOUBLE DVD COLLECTOR
        
de Jean RENOIR                               

 

  • Drame gai (selon l'expression du cinéaste) - 1939 - France
    durée: 1h42 (+ 4h de Bonus) - Version restaurée et son remasterisé
  • Sortie à la Vente en DVD le 20 septembre 2005
    Editions Montparnasse
  • Prix de vente conseillé : 25€

SYNOPSIS

L’aviateur André Jurieux (Roland Toutain) vient de traverser l’Atlantique en solitaire pour conquérir le cœur de Christine (Nora Gregor), son amour éternel, qui a épousé le Marquis de la Chesnaye (Marcel Dalio), un aristocrate parisien.
Celle-ci se montre indifférente à l’exploit et Jurieux tente de se suicider. Son ami Octave (Jean Renoir) le fait alors inviter chez Christine et son riche époux, pour une partie de chasse en Sologne dans leur propriété de La Colinière.

POINT DE VUE

Que peut-on dire, écrire de plus sur ce monument du cinéma français ? Que peut-on ajouter aux textes de François Truffaut, André Bazin, Gilles Deleuze ou Pierre Guislain ? Depuis qu'il a quasiment été exhumé puis sacralisé par les critiques des Cahiers du cinéma dans les années 50, La règle du jeu a fait l'objet de milliers d'analyses et de décorticages en tous genres. Ce que propose également cette réédition en DVD, très pédagogique et fournie, à travers une double analyse des historiens du cinéma, Olivier Curchod et Jean Douchet.

"C'est un film de guerre, et pourtant pas une allusion à la guerre n'y est faite. Sous son apparence bénigne, cette histoire s'attaquait à la structure même de la société. Et cependant, j'avais voulu au départ présenter au public non pas une oeuvre d'avant-garde, mais un bon petit film normal" (1). Lorsqu'il écrit ces lignes, Jean Renoir a 85 ans et malgré la mise au panthéon de son film, il a gardé l'amertume de ce mois de juillet 1939, lorsque son film sorti sur l'écran du Colisée à Paris, est violemment hué par le public. Renoir touchait là où ça fait mal. Deux mois plus tard la France déclarait la guerre à l'Allemagne et Renoir, le pacifiste comprenait qu'un film ne peut pas éviter la guerre.

Alors, bien sûr on peut revenir sur la touche impressionniste du cinéaste, héritée de son père ("l'impressionnisme multiplié par le cinéma" disait Bazin). Cette façon légère, champêtre, colorée (bien que le film soit tourné en noir et blanc...!) de filmer une société en crise, de faire tomber les masques en douceur, de glisser du marivaudage au marécage, de la chasse au gibier à la chasse à l'homme.
On peut aussi revenir sur la virtuosité d'un Renoir au sommet de son art, maîtrisant parfaitement le langage cinématographique: direction des acteurs, chorégraphie des mouvements de caméra, profondeur de champ, plans séquences, modelant ce petit théâtre des sentiments en un ballet macabre.

"Je crois dit Renoir que dans la plupart des drames, non seulement historiques mais des drames de la vie quotidienne, il y a presque toujours une question de décalage. L'un des acteurs du drame vit à une époque et l'autre acteur vit à une autre époque et ils ne sont pas synchrones. Je crois que le synchronisme, c'est le secret de la vie".


Laurent Devanne


(1) Passage extrait de Ma vie et mes films, les mémoires de Jean Renoir aux éditions Flammarion.










DU MÊME AUTEUR
 
NOTES DE L'ÉDITEUR
La rentrée septembre-octobre 2005 rend hommage au cinéaste français Jean Renoir. C’est la Cinémathèque Française qui ouvre le bal avec sa réouverture le 28 septembre rue de Bercy et son cycle Jean Renoir (intégrale des films de Jean Renoir projetés du 28 septembre au 31 décembre) et une grande exposition RENOIR / RENOIR du 28 septembre au 9 janvier qui révèle les liens d’une famille travaillée, génération après génération, par une variation de pratiques artistiques.
Celui que les réalisateurs de la Nouvelle Vague surnommaient « Le Patron » est en effet l’auteur d’une œuvre visionnaire, profondément humaine, à même de capter les nuances de l’évolution de la société française et fidèle à une exaltation épicurienne du plaisir doublée d’une fantaisie théâtrale éblouissante.
Jean Renoir nous parle des conflits de mœurs dans La Bête humaine, des exclus dans Boudu sauvé des eaux, des séquelles de la Grande Guerre dans La Grande Illusion et de la France d’entre deux guerres dans La Règle du jeu.

FICHE TECHNIQUE
  •  LE FILM

    Tournage
    : 22 février au 16 juin 1939
    Extérieurs
    : Château de La Ferté Saint-Aubin (Loiret), environs de Brinon-sur-Sauldre (Loir-et-Cher), étang du Puits (Loiret), environs de Fontainebleau, aérodrome de Buc
    Sortie en salles
    : 8 Juillet 1939 au Colisée et Aubert-Palace à Paris
    Réalisation & scénario
    : Jean Renoir assisté de Carl Koch
    Avec: Marcel Dalio (Robert de la Chesnaye), Nora Gregor (Christine de la Chesnaye), Paulette Dubost (Lisette), Jean Renoir (Octave), Roland Toutain (André Jurieux), Julien Carette (Marceau), Gaston Modot (Schumacher), Mila Parely (Geneviève De Maras), Pierre Magnier (Le Général), Pierre Nay (Saint-Aubin), Anna Mayen (Jackie), Richard Francoeur (La Bruyère), Claire Gérard (Mme La Bruyère), Henri Cartier-Bresson (William, le valet anglais)
    Assistants-réalisateurs: Henri Cartier-Bresson et André Zwobada
    Image: Jean Bachelet assisté de Jean-Paul Alphen et Alain Renoir
    Cadreur: Jacques Lemare
    Ingénieur du son: Joseph de Bretagne
    Décors: Eugène Lourié assisté de Max Douy
    Scripte: Dido Freire
    Montage
    : Marguerite Houllé-Renoir assistée de Marthe Huguet
    Production
    : Nouvelle édition française (Nef)
    Distribution
    : Gaumont (1939) & Les Grands Films classiques (depuis 1959)
 
  •  LES DVD (2 disques)
    DVD 9 - PAL - Zone 2- Tous publics - noir & blanc
    Image & Son :
    Ecran: 4/3
    Format : 1/33
    Son: mono restauré et remastering digital 5.1

    Langue:
    français
    Sous-titres
    : inédit et exclusif du film en français
    Durée du film:
    91' puis 81' en 1939 puis 102' depuis 1959

    À propos: Le tournage connu des retards en cascade qui ont contraint Renoir à revoir son ambition à la baisse. Après quelques jours d’exploitation de La Règle du jeu, Jean Renoir accepta de faire une douzaine de coupures qui affectaient essentiellement le rôle d’Octave. Puis le film fut retiré de l’affiche peu après en raison de son insuccès. Il faudra attendre 1959 pour voir le film dans sa version intégrale.
  • BONUS  (4h04)

    DISQUE 1
    * Commentaire intégrale
    du film par Olivier Curchod (1h42)
    Une visite guidée du film par « le » spécialiste de La Règle du jeu. Olivier Curchod, professeur de lettres en classes préparatoires et historien du cinéma, a consacré de nombreux ouvrages et articles à l'oeuvre de Jean Renoir, et notamment deux livres à "La Règle du jeu" (parus au Livre de poche en 1998 et chez Nathan-Cinéma en 1999).

    * Images d'archives:
    « Jean Renoir présente La Règle du jeu» (6')
    Tourné en 1961, 2 ans après la ressortie de La Règle du jeu au festival de Venise, Jean Renoir, regard caméra, nous présente son film.

    DISQUE 2
    *Présentation de La règle du jeu par Olivier Curchod (27')
    Thèmes abordés : l'inspiration première, le travail de préparation de Jean Renoir, le casting, les difficiles conditions de tournage, l'échec de la sortie du film en salles, les coupes, le succès retrouvé vingt ans plus tard. Entretien et réalisation: N.T Binh, enseignant cinéma et critique à Positif.


    * Ma Règle du jeu
    (16'):
    Un montage d’entretiens avec Claude Chabrol (cinéaste) Noémie Lvovsky (cinéaste), Eduardo Serra (chef opérateur, directeur de la photo), Guy-Claude François (chef décorateur). Entretien et réalisation: N.T Binh, enseignant cinéma et critique à Positif.

    * Jean Renoir le patron : La Règle et l’exception
    (49')
    Une interview exceptionnelle de Jean Renoir, réalisée par Jacques Rivette et produite par Jeanine Bazin et André S. Labarthe (dans la collection « Cinéastes de notre temps », 1966). Renoir revient sur le découpage du film, la profondeur de champs, les personnages, l’improvisation, le génie et l’implication des comédiens… Un moment fort de ce document d’archives exceptionnel est le retour de Jean Renoir – 27 ans plus tard - au château de la Colinière, en compagnie de Marcel Dalio (le marquis de La Chesnaye).

    * Documentaire « Image par Image »
    (42')
    Analyse de séquences par Jean Douchet (critique aux Cahiers du cinéma), réalisation Pierre-Oscar Levy (1989).


    En complément: Livret d’accompagnement de 22 pages
    Entretien avec Jean Renoir en mai 1939, deux reportages du tournage (en Sologne et en studio), une lettre de Jean Renoir dressant le bilan du tournage, trois critiques de l’époque.