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L'AMI DE MON AMIE de Éric ROHMER |
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| SYNOPSIS |
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| POINT DE VUE | ||||
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Se
plonger dans un film de Rohmer parfois agace...Difficile de se re-familiariser
avec la diction de ses acteurs. Si le réalisateur de Ma Nuit
chez Maud s’est, pour ce film appuyé sur leur phrasé
naturel pendant la phase d’écriture, les dialogues sont
souvent déclamés de façon maniérée.
L’expression de la confusion des sentiments, les échanges
verbaux se parent de minauderies affectées. On peut se risquer
à la comparaison avec les films « en chanté »
de Jacques Demy, qui procurent aux premiers abords cet effet distancié
similaire. Chez Demy, l’expression des sentiments s’effectue
par le chant ; chez Rohmer, par un attachement sans faille aux mots,
à l’expression de la langue qui se traduit par cette élocution
parfois affectée. Et peu à peu, le caractère apparemment
artificiel de ces badinages amoureux se dévoile comme moyen de
creuser au plus profond la vérité des sentiments. L’amie de mon amie, ultime opus du cycle « comédies et proverbes », oscille en effet sans cesse entre naturel et artificiel, fluidité dans la conduite du récit et travail du texte. Cinq personnages vont nouer des rapports de fil en aiguille, au gré de leurs rencontres. Blanche, jeune employée au service culturel de Cergy-Pontoise (Emmanuel Chaulet), fait connaissance avec Léa, stagiaire (Sophie Renoir), compagne de Fabien (Eric Viellard) et connaissance d’Alexandre, cadre coureur de jupons (François-Eric Gendron), lui-même sortant avec Adrienne (Anne-Laure Meury). Celle-ci se met d’office hors jeu en rompant avec Alexandre, assumant dès lors le rôle d’arbitre des situations à venir. Blanche tombe sous le charme de Alexandre, Léa n’est plus si sûre de vouloir rester avec Fabien, trop conciliant et docile pour elle. Les cartes attendent d’être redistribuées. Le tout est maintenant de trouver la bonne combinaison, de parvenir à résoudre l’équation amoureuse en tâtonnant. Il s’agit d’accorder ses désirs en essayant de trouver les moyens pour approcher celui ou celle avec qui s’assortir. C’est alors que l’arrangement final, se colorera, au terme d’un quiproquo, de bleu et de vert, à l’image des constructions de cette ville nouvelle de Cergy-Pontoise. On connaît le goût de Rohmer pour l’architecture moderne. Ses personnages investissent la ville comme dans un ballet sur une scène aux contours géométriques. Il y a quelque chose de chorégraphique dans les circuits des personnages, qui se trouvent, se rencontrent, se servent d’intermédiaires les uns aux autres... Ils ne cessent de prévoir d’agir en circulant, dans une ville dont l’urbanisme composite est exploité, naviguant entre les complexes d’immeubles modernes et immaculés au lac, espace de respiration propice à l’éclosion des rencontres amoureuses. On bascule constamment de la vérité à l’artifice : les personnages hésitent à se laisser aller à leurs désirs – nonchalance qui est plus du ressort des hommes, et longues études et dissection des sentiments – pour les femmes, entre galanterie et petites piques acerbes, légèreté du bavardage amoureux et lourdeur de leurs états d’âme. Les marivaudages qui d’abord irritent se laissent alors apprécier. La carte du tendre dessinée par les trajectoires des personnages se fait habile chassé-croisé amoureux. Laura Le Gall |
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| FICHE TECHNIQUE | ||||
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