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MAIN BASSE SUR LA VILLE
/ DVD COLLECTOR
de
Francesco ROSI
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1963 - Italie
durée: 1h37 (+ 64' de Bonus) - Version restaurée et
son remasterisé
- Sortie
à la Vente en DVD le 2 novembre 2005
Editions
Montparnasse
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Prix de vente conseillé : 25€
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| SYNOPSIS |
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Poussée par l'entrepreneur Nottola (Rod Steiger), la municipalité
de Naples transforme des terrains agricoles en terrains constructibles
pour lancer un gigantesque programme immobilier. Les spéculateurs
en profitent, mais la proximité du chantier provoque l'écroulement
d'une maison ancienne et la mort d'un enfant, ce qui provoque de vives
polémiques au sein du conseil municipal, alors que de nouvelles
élections se préparent. L'enquête sur l'accident
s'enlise, mais les stratégies électorales s'affinent,
et certains membres de la majorité au pouvoir s'inquiètent
de voir Nottola figurer sur leur liste.
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| POINT
DE VUE |
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Le mélange cinéma
et politique aboutit très rarement à de grandes oeuvres.
Francesco Rosi est sans conteste l'un des rares cinéastes a réussir
cette mixture périlleuse, avec Ken Loach ou Costa-Gavras. 40
ans après sa sortie, Main basse sur la ville nous parle
encore. Cette sombre histoire de spéculation immobilière
napolitaine courant des années 60 n'est pas sans évoquer
les récentes affaires des HLM de Paris impliquant corruption
et financement politique occulte. Même si le film de Rosi a pour
contexte une période très précise dans l'histoire
de l'Italie, il n'en a pas moins une portée universelle et intemporelle.
Et c'est bien entendu ce qui en fait sa grandeur.
Après avoir dénoncé dans ses trois premiers films
(Le défi, I magliari, Salvatore Guiliano) le phénomène
mafieux qui empoisonne le Sud de lItalie, c'est à un autre type
de corruption qu'il s'attaque dans son quatrième film, celui
qui touche le monde de l'immobilier et de la politique. Le développement
urbain du Naples de l'après-guerre est le fruit de spéculations
immobilières et de magouilles politiques aux conséquences
tragiques pour la population des quartiers pauvres.
Main basse sur la ville est l'occasion pour Rosi de retourner
à Naples et d'y prendre le pouls. Le magnifique plan d'hélicoptère
qui ouvre le film témoigne de son amour pour sa ville natale.
Mais c'est aussi le regard distant et cynique que les politiciens et
entrepreneurs portent sur la ville. Cette ville qui est bien sûr
le personnage principal du film. Vue d'en haut, sur une vaste carte
murale ou maquette d'architecte, le corps de la ville est une entité
abstraite dans la tête des décisionnaires napolitains.
Rosi va lui donner un visage humain et tragique lorsqu'à la suite
de lourds travaux, un effondrement d'immeuble provoque le décès
d'un enfant. C'est le début d'une longue enquête administrative
sur fond de luttes intestinales au sein du conseil municipal pour la
convoitise de la mairie. Mais ce qui aurait pu être laborieux
et confus devient avec Rosi, une sorte de polar politico-mafieux d'une
étonnante clarté et complexité à la fois.
Assistant-réalisateur sur La terre tremble de Visconti,
Francesco Rosi a été nourri par le néo-réalisme
des années 50 et en est devenu l'un des principaux héritiers
(avec Vittorio De Seta). Son style en est imprégné: inspiration
de faits réels, tournage en décors naturels, son direct,
nombreux acteurs non-professionnels. Cette veine réaliste est
comme le second souffle du film, ce pour quoi il a conservé toute
sa force. Mais au-delà de l'autopsie d'une criminalité
politico-financière, Rosi pose la question de la morale en politique.
Attaquant violemment l'attitude ultra-libérale de la droite aux
aspirations monarchistes, et critiquant l'opportunisme de la gauche
communiste, Rosi semble être plus proche du personnage de Balsamo,
le médecin humaniste centriste. Refusant que l'entrepreneur Nottola
responsable de la catastrophe - froidement préméditée
- qui a tué l'enfant, ne rejoigne la liste centriste, Balsamo
est pris à partie par De Angeli, le leader du parti centriste
et futur maire: "En politique, l'indignation morale ne sert à
rien. Le seul vrai péché, c'est d'être battu".
La morale pessimiste du film se prolonge dans un autre film tourné
30 ans plus tard, Journal napolitain (dont un extrait seulement
est proposé dans ce dvd) dans lequel Rosi constate avec amertume
l'actualité de son film de 1963 à travers l'infiltration
de la pègre dans les milieux politiques et administratifs.
Laurent Devanne
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LIRE
AUSSI
DU MÊME AUTEUR
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| PROPOS
DU CINÉASTE |
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| «
J'ai toujours cru en la fonction du cinéma en tant que dénonciateur
et témoin de la réalité, en tant que support d'histoires,
dans lesquelles les enfants puissent mieux connaître leur père
et en tirer un enseignement afin de se former un jugement dont l'Histoire
serait la référence. Le cinéma est l'Histoire.
» Francesco Rosi |
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| FICHE
TECHNIQUE |
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- LE
FILM
Lion d'Or au Festival de Venise 1963
Réalisation : Francesco Rosi
Scénario: Enzo Provenza, Raffaele La Capria, E. Forcella
Avec: Rod Steiger, Salvo Randone, Guido Alberti
Image: Gianni Di Venanzo
Musique: Piero Piccioni
Production: Galatea
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- LE
DVD
Master numérique restauré
du film
DVD 9 - PAL - Zone 2- Tous publics - noir & blanc
Image
& Son :
Ecran:
16/9 compatible 4/3
Format : 1/33
Son: mono d'origine restauré
Langue: italien,
français
Sous-titres: français
Durée du film: 1h37
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- BONUS
(64')
* Conversation à trois (16',
VF)
Francesco Rosi et Raffaele La Capria (le scénariste
de Main basse sur la ville) interrogés par Michel
Ciment, critique cinéma, directeur de publication de Positif,
reviennent sur la conception et le message du film, leur attachement
à la ville de Naples, etc. Entretien réalisé
en 1991.



* Analyses de séquences par
Jean A. Gili (21', VF)
Spécialiste de Francesco Rosi et critique à
Positif, Jean A. Gili commente et met en lumière quatre
séquences majeures du film de Rosi. Jean A. Gili assure également
depuis sa création en 1983, la direction artistique du festival
« Annecy Cinéma Italien ».
* Extrait du documentaire «Journal Napolitain »
de Francesco Rosi
(12', VO italienne Sous-titrée français)
Extrait d'un documentaire que Francesco Rosi a fait
30 ans après Main basse sur la ville. Il retourne
à Naples et lors d'une projection du film dans une université
d'architecture, des napolitains s'expriment et expliquent que rien
n'a véritablement changé, le financement sauvage de
la ville, la paupérisation de la population, la drogue, la
mafia, la débâcle politique.
* Histoires de Naples par
Myriam Tanant (15' , VF)
Universitaire italianiste (ses recherches portent
sur le cinéma, le théâtre et l'opéra),
Myriam Tanant nous raconte l'histoire de Naples, les particularités
de cette ville, les rapports que les artistes entretiennent avec la
cité, de Rosi avec Main basse ou Journal Napolitain
à Pasolini et son Decameron. Entretien par Gérard
Pangon
* Livret de 16 pages: «
Ma » façon de faire du cinéma,
Regard sur mes films par Francesco Rosi. Ce texte
est constitué d'extraits du discours prononcé par Francesco
Rosi en 1995 lorsqu'il reçut le titre de docteur honoris
causa de l'Université de Padoue.
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